Le député-maire UDI de Cholet menacé d'exclusion

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PARIS (Reuters) - Jean-Louis Borloo a promis lundi des sanctions contre le député-maire UDI de Cholet qui a déclaré lors d'une altercation avec des gens du voyage que "Hitler n'en a peut-être pas tué assez", suscitant l'indignation de la gauche française.

Le président de l'Union des démocrates et indépendants précise avoir saisi le comité exécutif du parti centriste "pour les suites inévitables à donner".

"Quelles que soient les provocations bien réelles et inacceptables dont a été victime le député-maire de Cholet, Gilles Bourdouleix, rien ne justifie pour autant les propos qui auraient été apparemment tenus par ce dernier", écrit-il dans un communiqué.

"La décision qui sera prise mercredi soir ne peut-être que l'exclusion", a précisé à Reuters Jean-Christophe Lagarde, vice-président de l'UDI.

Les propos du député-maire de Cholet, qui préside parallèlement le Centre national des indépendants et paysans (CNIP), ont été rapportés par le Courrier de l'Ouest, qui a ensuite mis un enregistrement en ligne.

Avant lui, le député-maire UMP de Nice Christian Estrosi et Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du Front national, avaient suscité au début du mois de vives réactions des associations en fustigeant les gens du voyage ou les Roms.

Gilles Bourdouleix s'était déplacé dimanche sur un terrain occupé illégalement dans sa commune par plus d'une centaine de caravanes de gens du voyage après avoir été contacté par une famille d'agriculteurs "en pleurs".

LA GAUCHE CONDAMNE

Selon le Courrier de l'Ouest, il y a été accueilli par des gens du voyage mimant le salut nazi et l'accusant de racisme. Lors de l'échange qui s'en est suivi, Gilles Bourdouleix aurait dit : "Comme quoi, Hitler n'en a peut-être pas tué assez."

Sur la bande-son diffusée ensuite par le quotidien, Gilles Bourdouleix déclare en fait : "Eh ben, Hitler, il n'en a peut-être pas tué assez".

Gilles Bourdouleix a affirmé lundi sur BFM TV que ses propos avaient été déformés et estimé qu'il était victime d'un règlement de comptes.

"J'ai marmonné quelque chose du style 'si c'était Hitler il les tuerait ici', sous-entendu 'heureusement je ne suis pas Hitler et ce n'est pas la peine de me traiter d'Hitler'. Mes propos ont été déformés", a-t-il dit. "C'est un règlement de comptes tout à fait minable qui a pour objectif de salir pas seulement un élu mais un homme."

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, a souhaité que des poursuites soient engagées sans délais.

"Ces déclarations illustrent la dangereuse surenchère dans laquelle la droite est engagée avec l'extrême droite", écrit-il dans un communiqué.

Le Parti de gauche appelle la ministre de la Justice à immédiatement engager des poursuites judiciaires pour apologie de crimes contre l'humanité. "En attendant, la moindre des choses serait qu'il démissionne de ses mandats d'élu".

SOS Racisme appelle à "une réaction urgente de la part des pouvoirs publics" et étudie les suites juridiques à donner.

"Il est nécessaire que la classe politique dans son ensemble prenne les mesures nécessaires pour mettre fin à la surenchère de propos racistes à laquelle nous assistons depuis de trop nombreuses semaines", dit l'association.

Gérard Bon, avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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  • frk987 le lundi 22 juil 2013 à 17:27

    Trop complexe de mettre des blocs interdisant l'accès des terrains potentiels ????????????Trop complexe de couper l'eau et l'éclairage public sur lequel ils se branchent. Tout ça peut être fait légalement sans plaintes, sans cris, sans pleurs..........

  • frk987 le lundi 22 juil 2013 à 17:20

    Comme la mayonnaise à la main, ça monte lentement mais sûrement................On finira comme l'ex Yougoslavie, enclaves musulmanes, enclaves roms......