Le dépôt de bilan de la SNCM inquiète dans le port de Marseille

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MARSEILLE, 31 octobre (Reuters) - Le dépôt de bilan de la SNCM, programmé lundi prochain, provoquait vendredi une vive inquiétude sur la place portuaire de Marseille et chez les responsables politiques locaux en raison de l'effet domino qu'il pourrait entraîner. Robert Martinetti, à la tête d'un collectif de sous-traitants de la SNCM qui pèse plus de 1.200 emplois, ne cache pas son désarroi vis-à-vis d'un redressement judiciaire "inéluctable puisque voulu par les actionnaires". "Mais on a des entreprises qui réalisent d'importants chiffres d'affaires avec la SNCM et qui se retrouvent sans aucune visibilité", dit-il à Reuters. "Certaines vont réduire la voilure, d'autres ont commencé à péricliter avec ce spectre du dépôt de bilan que l'on traîne depuis plusieurs mois." Ce chef d'entreprise de 63 ans chiffre à environ 80 millions d'euros les retombées financières induites par la Société nationale maritime Corse-Méditerranée compagnie maritime sur l'économie locale. "Cela va être une catastrophe sociale à grande échelle, surtout si on se dirige vers une liquidation des biens", redoute pour sa part l'adjoint aux finances de la municipalité UMP de Marseille, Roland Blum. "Marseille et son port ne peuvent pas subir une nouvelle crise sociale qui affecterait des dizaines d'entreprises sous-traitantes et des milliers de familles", renchérit le président socialiste de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Michel Vauzelle. La SNCM emploie 1.508 salariés en CDI, environ 400 salariés réguliers en CDD et un volant de 300 à 500 saisonniers. La sous-traitance représente 1.200 emplois induits à Marseille et 800 en Corse. Le président du directoire de la compagnie détenue à 66% par Transdev, coentreprise de Veolia et la Caisse des dépôts, à 25% par l'Etat et à 9% par les salariés, doit se rendre lundi au tribunal de commerce de Marseille pour déposer le bilan. Pour l'actionnaire majoritaire comme pour le gouvernement, une procédure collective était jugée indispensable pour purger le passif européen et faciliter la recherche d'un repreneur. Le groupe Transdev a donc réclamé vendredi le remboursement des avances de trésorerie consenties à la compagnie maritime, qui n'a désormais plus d'autre choix que de se déclarer en cessation de paiement. (voir ID:nL5N0SQ3NN ) "Je suis pourtant sceptique sur l'effacement des dettes européennes par le seul biais du redressement judiciaire et donc sur la possibilité de présenter à un repreneur une société viable sans ces casseroles", estime Robert Martinetti. De source proche de la direction du port de Marseille, on indique que les problèmes de la SNCM pèsent déjà sur le port de Marseille et pourraient avoir d'importantes répercussions sur l'ensemble de la filière maritime. "La crainte d'un conflit social particulièrement violent font que certaines entreprises hésitent à venir travailler sur le port de Marseille par crainte d'un blocage", dit-on. (Jean-François Rosnoblet, édité par Gregory Blachier)


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