Le dépôt de bilan de Jemini ne menace pas Hello Kitty

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Malgré le dépôt de bilan de Jemini, l'effigie du petit chat japonais devrait être encore bien présente dans les rayons des magasins. Près de 75 entreprises françaises détiennent, en effet, une licence Hello Kitty.

Poupées Hello Kitty, figurines de Tintin, peluches Winnie l'ourson...Le groupe Jemini créé en 1986 dispose d'une trentaine de licences pour enfants qui lui permettent de commercialiser des produits dérivés. Si ce fabricant de jouets dépose le bilan jeudi devant le tribunal de Commerce de Paris, que vont devenir les 800 références qu'il produit, développe et distribue depuis 25 ans?

Que les enfants soient rassurés, les figurines et peluches de Dora l'exploratrice ou de Bob l'Eponge ne vont pas disparaître des rayons des magasins. En effet, le groupe Jemini, situé dans la Sarthe (72) n'est pas le seul à détenir des licences de marques pour enfants. Pas moins de 74 entreprises françaises commercialisent des produits à l'effigie du petit chat japonais Hello Kitty quand 36 entreprises ont acheté la licence du personnage du dessin animé à succès Bob l'éponge, d'après le webguide de Kazachok, une agence spécialisée dans l'étude des licences.

Par ailleurs, des concurrents de Jemini se sont déjà manifestés pour reprendre ses licences, d'après des informations de la radio France Bleu Maine. En rachetant les contrats passés avec les marques que possédait Jemini, ces nouveaux «licenciés» pourront apposer lesdites marques sur leurs produits et en faire un usage commercial, comme l'indique l'article L.714-7 du Code de la propriété intellectuelle. Contacté par Le Figaro.fr, le groupe Jemini n'a pas souhaité s'exprimer, «en tout cas, pas avant la date de l'audience», prévue au 8 janvier.

Possibles ruptures de stock

Néanmoins, «le risque est de voir des produits moins accessibles sur le marché pendant un certain temps», analyse Olivier Rampnoux, enseignant-chercheur au centre européen des produits de l'enfant situé à Poitiers. Par exemple, quand Disney (un licencieur) cède ses droits d'exploitations , Jeminy (le licencié) est autorisé à exploiter la marque sur une zone géographique définie et dans des univers de produits déterminés. Par conséquent, «quand le fabriquant de jouet dépose le bilan, ce sont des gammes de produits spécifiques et distribués sur un territoire précis qui peuvent disparaître», précise l'enseignant-chercheur. Seconde conséquence, les distributeurs pourraient également enregistrer des ruptures de stocks sur certains types de produits.

En situation de cessation de paiement, Jeminy a rencontré de grosses difficultés financières en 2012. «À l'instar des entreprises de son secteur, les ventes de groupe Jemini sont notablement affectées par la crise qui n'épargne plus le secteur des produits pour enfants», indiquait le groupe dans un communiqué fin octobre. Au même moment, Jemini annonçait la démission de Patrick Abessira, président et membre du directoire du groupe. Sa cotation en Bourse est également suspendue, en attendant la publication d'un rapport financier du premier semestre 2012, qui devrait affichait un chiffre d'affaires en baisse de 19% pour le premier semestre 2012, soit 11,1 million d'euros.

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