Le déploiement des observateurs en Syrie jugé trop lent

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Le déploiement des observateurs en Syrie jugé trop lent
Le déploiement des observateurs en Syrie jugé trop lent

par Oliver Holmes

BEYROUTH (Reuters) - Des militants de l'opposition ont accusé mercredi l'Onu de "jouer avec les vies syriennes" en raison du calendrier, jugé trop lent, du déploiement des observateurs chargés de vérifier le respect du cessez-le-feu censé s'appliquer depuis le 12 avril.

La plupart des opposants ont accueilli avec un mélange de colère et de résignation l'annonce mardi par Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix de l'Onu, que le déploiement de 100 observateurs prendrait encore un mois.

"Il leur faut un mois pour arriver? Ils viennent à cheval?", demande un habitant de Homs.

Quinze observateurs, sur les 300 autorisés par le Conseil de sécurité de l'Onu, se trouvent déjà en Syrie.

"Après un mois, peut-être que 1.000 ou 2.000 d'entre nous auront été tués -c'est ridicule. Comment la communauté internationale peut-elle regarder cela sans agir vite?", a déclaré Moussab al Hamadi, un opposant de la province de Hama.

Selon les opposants, l'armée de Bachar al Assad a tué lundi 31 personnes dans un quartier de Hama, malgré la visite d'observateurs la veille.

Plusieurs vidéos amateurs les ont montrés, reconnaissables à leurs bérets bleus et leurs gilets pare-balles, en train de rencontrer des rebelles et des habitants de régions bombardées par l'armée syrienne, mais certains opposants doutent de leur efficacité et de leur capacité à voir ou entendre les violences.

IMPACT

A Hama, après une visite des observateurs, "les gens se sont mis à fuir parce qu'ils savent (...) que les forces de sécurité vont venir et arrêter les gens qui leur ont parlé", selon Hamadi.

"Nous voulons d'eux s'ils disposent de véritables moyens de pression sur le régime. Mais s'ils sont là simplement pour voir comment on se fait tuer, nous ne voulons pas de davantage d'observateurs", a-t-il ajouté.

La lenteur du déploiement des observateurs est également regrettée par les habitants de Homs, bombardée depuis des mois par le régime syrien. Walid Fares, l'un des opposants qui y habitent, a accusé l'Onu de "jouer avec les vies syriennes".

Pour lui, le mois que se donnent les Nations unies pour déployer 100 "bérets bleus" "a simplement donné plus de temps au régime pour nous tuer".

Kofi Annan, l'émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe en Syrie, a déclaré mardi que même un petit nombre d'observateurs pouvait avoir un impact énorme, alors que le cessez-le-feu a été violé depuis son entrée en vigueur.

L'ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies a pour sa part dit que la Syrie avait refusé l'accès à son territoire à au moins un observateur de l'Onu en raison de sa nationalité. Le régime a fait savoir qu'il n'accepterait pas de "béret bleu" originaire d'un pays membre du groupe des "Amis de la Syrie", a dit Susan Rice.

Ce groupe rassemble principalement des pays occidentaux, comme la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, des pays arabes, dont l'Arabie saoudite et le Qatar, ainsi que la Turquie, qui ont tous appelé au départ de Bachar al Assad.

Julien Dury pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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