Le "dépeceur de Montréal" toujours recherché en France

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Le "dépeceur de Montréal" toujours recherché en France
Le "dépeceur de Montréal" toujours recherché en France

PARIS (Reuters) - La police française poursuit la traque de Luka Rocco Magnotta, le jeune Canadien soupçonné d'avoir dépecé fin mai un étudiant chinois et diffusé la vidéo du crime sur internet.

Elle s'efforce notamment de vérifier les nombreux appels signalant la présence réelle ou supposée du fugitif en divers points de Paris et de la région parisienne, souligne-t-on de source policière.

Les enquêteurs n'excluent pas que Magnotta, qui aurait séjourné le week-end dernier dans un hôtel de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), ait pris un autocar pour un autre pays d'Europe, cette commune abritant la gare routière internationale.

Le fugitif, surnommé désormais "le dépeceur de Montréal", connaît bien la France pour y avoir séjourné en 2010, comme le montrent ses photos publiées sur des réseaux sociaux. On le voit ainsi posant devant la Tour Eiffel et le Moulin Rouge.

Magnotta est arrivé à Paris, en provenance de Montréal, le 26 mai, selon une source policière.

Sa victime est un étudiant chinois de 32 ans qui le connaissait et était originaire comme lui de la région de Toronto.

Pékin a exhorté lundi le Canada à arrêter le plus vite possible le meurtrier. "Cela concerne un étudiant chinois au Canada (...) La nature et l'impact de ces crimes sont absolument épouvantables et nous sommes profondément choqués", a déclaré Liu Weimin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Interpol a diffusé un avis de recherche -une notice rouge- au nom de Luka Rocco Magnotta, 29 ans, un anglophone originaire de l'Ontario, brun aux yeux bleus.

"FAIRE LA FÊTE"

Présenté comme un acteur bisexuel de films pornographiques, Magnotta s'appelait en fait Eric Clinton Newman jusqu'en 2006 et aurait ensuite changé de nom. Il est également connu sous l'identité de Vladimir Romanov, a dit la police canadienne.

A Paris, des appels de commerçants et d'habitants ont permis aux enquêteurs de reconstituer une partie de l'itinéraire de Magnotta depuis son arrivée.

Sa présence a été tout d'abord signalée dans le quartier des Batignolles (XVIIe), où il aurait passé deux nuits dans un petit hôtel, a été vu dans un bar et aurait tenté sans succès de s'inviter à une soirée privée. "Il voulait faire la fête", a dit un habitant du quartier à des journalistes.

"On m'a confirmé que cette personne en effet avait été repérée dans le quartier, aurait logé à l'Hôtel des Batignolles, et plusieurs commerçants également l'auraient identifié", a déclaré sur BFM TV la maire du XVIIe, Brigitte Kuster.

Le fugitif a été également vu dans le quartier de la Bastille (XIe arrondissement), avant d'être signalé à Bagnolet, dans la proche banlieue de Paris.

Selon Le Figaro, les policiers ont pu le localiser à plusieurs reprises grâce à son téléphone portable, sans pour autant pouvoir l'interpeller.

"Le mobile qu'il a utilisé, et dont il s'est peut-être débarrassé depuis, a activé de nombreuses bornes relais", précise le quotidien.

La police canadienne a souligné que Magnotta avait l'habitude de teindre ses cheveux ou de se grimer en femme, ce qui pourrait compliquer la tache des enquêteurs.

Le jeune homme était omniprésent sur internet, notamment sur Facebook, Twitter, ou YouTube, montrant des penchants morbides.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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