Le départ de Tata de GB, prétexte à une vague de fusions en Europe?

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    * Une consolidation européenne pertinente 
    * Une alliance avec ThyssenKrupp, un scénario possible 
    * Un contexte tout différent des consolidations du passé 
 
    par Georgina Prodhan 
    FRANCFORT, 31 mars (Reuters) - Le projet de Tata Steel 
 TISC.NS  de vendre ses actifs britanniques laisse penser que la 
sidérurgie européenne, qui pâtit de surcapacités chroniques, est 
bien partie pour traverser une période de consolidation. 
    Il ne s'est plus rien passé, de ce point de vue, dans la 
sidérurgie européenne depuis les rachats d'Arcelor et de Corus 
par les géants indiens Mittal et Tata en 2006 et 2007. 
    Les aciéries ont été confrontées à la crise économique 
mondiale et au ralentissement économique de la Chine qui se 
traduit, entre autres choses, par de l'acier chinois importé en 
masse et à vil prix en Europe. 
    Manquant des moyens financiers de poursuivre la 
consolidation du secteur, qui se traduirait par une réduction 
des capacités, les sidérurgistes européens continuent de 
produire plus que nécessaire dans le but de protéger leurs parts 
de marché et l'emploi, mais entretenant ainsi un cercle vicieux 
de saturation du marché et de baisse des prix. 
    La sidérurgie européenne représente un chiffre d'affaires 
annuel de l'ordre de 170 milliards d'euros et emploie 
directement 330.000 personnes. Le nombre d'emplois indirects est 
encore bien plus élevé. 
    "La consolidation du secteur de l'acier en Europe va de soi 
mais l'industrie a tellement attendu et la crise est tellement 
aigüe qu'on en arrive à des entreprises dont le cash flow est 
réellement négatif", souligne un banquier londonien spécialisé. 
    Tata a souligné qu'il en était arrivé à un point tel qu'il 
n'avait d'autre ressource que d'agir même si cela doit se 
traduire par l'arrêt de ses opérations britanniques en cas 
d'absence de repreneur.   
    Il a constitué sur ses aciéries britanniques, qui emploient 
dans les 15.000 salariés, des dépréciations dépassant les deux 
milliards de livres (2,5 milliards d'euros). 
    "Vendre plutôt que de continuer à perte peut sans doute être 
une priorité pour Tata; si personne ne se présente, il fermera", 
dit Alessandro Abate, analyste de Berenberg. 
     
    REGROUPER POUR CRÉER DE LA VALEUR 
    Pour l'heure, il semble que l'on ne se bouscule pas au 
portillon. La Grande-Bretagne semble très exposée aux 
importations chinoises à prix cassés, les prix de l'énergie y 
sont élevés. Il faut en outre prendre en compte les coûts de 
transport de l'acier vers l'Europe continentale, ainsi qu'un 
taux de change désavantageux pour l'exportation. 
    Le Premier ministre David Cameron a déclaré jeudi que rien 
ne garantissait la survie des actifs sidérurgiques britanniques 
que le groupe indien Tata Steel a mis en vente, ajoutant que, à 
ses yeux, une nationalisation n'était pas une bonne solution 
pour l'ensemble du secteur.  ID:nL5N1732FF  
    Brûler ses vaisseaux britanniques permettrait en revanche à 
Tata de rechercher un associé, tel l'allemand ThyssenKrupp 
 TKAG.DE , pour sa filiale néerlandaise qui elle est rentable. 
Une telle association scellerait sa place de deuxième 
sidérurgiste européen derrière ArcelorMittal  ISPA.AS . 
    ThyssenKrupp, qui se diversifie hors de l'acier, est tout à 
fait disposé à fusionner ces actifs-là avec ceux d'un autre 
groupe, pour autant que cela ne lui coûte pas du cash. 
    "Nous avons toujours eu de la surcapacité en Europe ces 
dernières années et il faut vraiment faire quelque chose; nous 
pensons donc qu'il y a des opportunités", avait déclaré le 
directeur financier Guido Kerkhoff en février à des analystes. 
"Des regroupements seraient une bonne solution, créatrice de 
valeur globalement". 
    Si les analystes de Berenberg pensent effectivement qu'un 
départ de Tata Steel de Grande-Bretagne déclencherait sans doute 
une vague de fusions dans l'acier européen, Seth Rosenfeld, 
analyste de Jefferies, se montre sceptique quant à ses bienfaits 
éventuels. 
    "Malheureusement, si d'autres sidérurgistes pouvaient 
augmenter les prix grâce à la consolidation, cela ne reviendrait 
peut-être pour eux qu'à se donner un peu plus de marge de 
manoeuvre pour prolonger le statu quo", explique-t-il. 
    "C'est une industrie qui a subi des vagues de consolidation 
soit lorsque la conjoncture était épouvantable soit lorsqu'il 
s'agissait de bâtir des empires. Nous ne sommes ni dans l'un ni 
dans l'autre cas". 
    La réussite d'une vente dépendrait peut-être des facilités 
que Tata ou le gouvernement britannique seraient disposés à 
déployer, dit Liberty House, un négociant de matières premières 
qui a racheté deux aciéries écossaises à Tata la semaine 
dernière. 
    "Nous attendons de connaître quelles seront les propositions 
de vente avant de décider éventuellement de formuler une offre", 
a déclaré un porte-parole.  
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît 
Van Overstraeten) 
 

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