Le départ d'un dirigeant contrarie la nouvelle stratégie de VW

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WINFRIED VAHLAND QUITTE VOLKSWAGEN
WINFRIED VAHLAND QUITTE VOLKSWAGEN

par Jan Schwartz et Andreas Cremer

HAMBOURG/BERLIN (Reuters) - Les efforts de Volkswagen pour se relever du scandale causé par la manipulation de tests d'émissions polluantes ont souffert mercredi de l'annonce du départ de l'homme que le premier constructeur européen voulait installer à sa tête pour l'Amérique du Nord.

Winfried Vahland quitte le géant automobile allemand en raison d'une divergence d'opinion sur la stratégie nord-américaine du groupe, a annoncé Skoda, la filiale tchèque dont il avait la responsabilité jusqu'ici.

Ce cadre de 58 ans, qui dirigeait Skoda depuis 2010, devait prendre la tête de la filiale nord-américaine de VW et s'inscrire ainsi dans la stratégie de la firme de Wolfsburg pour prendre un nouveau départ.

"Il a pris sa décision en raison d'opinions divergentes sur les contours de la nouvelle région Amérique du Nord pour le groupe ; cela n'a rien avoir avec les événements actuels concernant les moteurs diesels", écrit Skoda dans un communiqué.

Volkswagen a démenti par ailleurs une information de l'hebdomadaire Der Spiegel selon laquelle une trentaine de managers du constructeur seraient impliqués dans l'affaire de la fraude aux tests anti-pollution.

"Ce chiffre est absolument sans fondement", a dit un porte-parole de VW en réaction aux informations du magazine, qui cite les enquêtes internes et externes en cours et ajoute que le cercle des personnes informées de la fraude ou mises en cause pourrait encore s'élargir.

Michael Horn, le patron des opérations de VW aux Etats-Unis auquel Wilfried Wahland devait succéder, a accusé la semaine dernière "quelques ingénieurs informatiques" d'avoir mis au point le logiciel permettant de fausser les tests d'émissions polluantes des moteurs diesels.

LE NOUVEAU PATRON PARLE JEUDI

Volkswagen a admis avoir triché grâce à ce logiciel afin d'assurer que ses modèles respectent les normes en vigueur, provoquant un scandale qui a entraîné le départ de son président du directoire, Martin Winterkorn, et a fait perdre environ un quart de sa valeur au titre du groupe.

L'équipementier automobile allemand Robert Bosch a dit mercredi par la voix de son président du directoire n'avoir pas constaté pour l'instant d'impact de l'affaire Volkswagen sur le marché des véhicules diesel.

Bosch fabrique un logiciel de gestion des moteurs diesel utilisé par plusieurs constructeurs de premier plan dont VW.

Le rôle de Bosch dans la modification du logiciel n'a pas été clairement établi et l'on ignore si l'équipementier était informé de la volonté de VW de se servir de ce logiciel pour fausser les résultats des tests.

Le nouveau président du directoire de Volkswagen, Matthias Müller, doit s'exprimer jeudi devant le top management pour faire le point sur les enquêtes et la stratégie à adopter.

Le constructeur a déjà fait savoir qu'il allait réduire ses coûts et miser davantage sur les véhicules électriques pour tenter de tourner la page.

Certains analystes évaluent à 35 milliards d'euros l'ardoise du scandale, que ce soit pour rééquiper les véhicules dotés du logiciel incriminé ou régler les frais de justice et autres pénalités.

(Patrick Vignal pour le service français, édité par Véronique Tison)

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