Le démantèlement de la "jungle" de Calais va se poursuivre

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LE DÉMANTÈLEMENT DU BIDONVILLE DE CALAIS VA SE POURSUIVRE
LE DÉMANTÈLEMENT DU BIDONVILLE DE CALAIS VA SE POURSUIVRE

PARIS (Reuters) - Le démantèlement du camp de migrants de Calais (Pas-de-Calais) va se poursuivre malgré les incidents survenus lundi entre forces de l'ordre et des "militants extrémistes", a assuré mardi Bernard Cazeneuve, appelant au calme et à la raison.

Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur "réaffirme la détermination du gouvernement à mettre à l'abri les migrants de Calais".

"L'activisme d'une poignée de militants No Borders extrémistes et violents n’y changera rien", souligne-t-il.

"Cette opération va se poursuivre dans les jours qui viennent avec calme et méthode, en offrant une place à chacun, comme le gouvernement s’y est engagé", ajoute-t-il.

Le tribunal administratif de Lille a rejeté fin février le recours d'associations opposées à l'évacuation de la partie sud de la "jungle" - sauf les espaces sociaux -, ouvrant la voie au démantèlement du bidonville où se trouvent des milliers de migrants qui espèrent gagner l'Angleterre.

Le démantèlement a commencé lundi matin dans le calme avant de dégénérer dans l'après-midi et dans la soirée.

Les opérations ont donné lieu à des jets de pierres de la part de migrants et de militants et des tirs de gaz lacrymogènes de la part des CRS et des abris de fortune ont été incendiés.

Onze policiers ont été légèrement blessés dans ces heurts et "trois auteurs de ces violences inacceptables" ont été interpellés, selon le ministre de l'Intérieur qui appelle "chacun au calme et à la raison." Trois militants ont été interpellés et devront "répondre de leurs actes".

"La situation migratoire à Calais appelle la responsabilité de chacun et l’union de tous ceux, pouvoirs publics et associations, qui œuvrent pour des solutions durables et humaines", indique-t-il.

En fin de journée lundi, 5.000 mètres carrés de la zone avaient été évacués et 43 départs de migrants vers des centres d’accueil (Hérault et Gironde) avaient été constatés.

Les opérations ont repris mardi matin vers 08h30 dans un climat plus apaisé, selon une source humanitaire présente sur place, même si deux migrants "en colère" ont, selon la préfecture, été interpellés.

Les associations opposées à l'évacuation estiment que l'opération a été décidée sans proposer des solutions alternatives suffisantes.

Elles soulignent notamment que le nombre de migrants concernés par l'évacuation, de l'ordre d'un millier selon l'Etat, est en réalité plus de trois fois plus élevé.

La préfecture du Pas-de-Calais a assuré qu'une solution serait apportée à chaque migrant. Un nouveau départ en bus vers un centre d’accueil est prévu mardi après midi, a-t-on indiqué de même source.

(Marine Pennetier, avec Pierre Savary à Lille et Reuters TV à Calais, édité par Yves Clarisse)

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