Le démantèlement de la "jungle" de Calais s'accélère

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 (Actualisé avec bilan) 
    PARIS, 1er mars (Reuters) - Le démantèlement de la partie 
sud du camp de migrants de Calais s'est accéléré mardi dans le 
calme, après les incidents survenus lundi entre forces de 
l'ordre et des militants. 
    "Nous avons aujourd'hui libéré une zone d'environ 10.000 
mètres carrés, à peu près le double d'hier", a déclaré à Reuters 
Etienne Desplanques, directeur de cabinet de Fabienne Buccio, la 
préfète du Pas-de-Calais. "Il n'y a pas eu d'affrontement, les 
'No borders' sur place ont été maintenus à distance." 
    Il a fait état du départ de 29 migrants qui ont quitté le 
camp en bus pour quatre destinations dans le sud de la France.  
    Lundi, 5.000 mètres carrés de la zone avaient été évacués et 
43 départs de migrants vers des centres d'accueil (Hérault et 
Gironde) avaient été constatés.  
    Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a confirmé 
mardi dans un communiqué "la détermination du gouvernement à 
mettre à l'abri les migrants de Calais". 
    "L'activisme d'une poignée de militants No Borders 
extrémistes et violents n'y changera rien", souligne-t-il.  
    "Cette opération va se poursuivre dans les jours qui 
viennent avec calme et méthode, en offrant une place à chacun, 
comme le gouvernement s'y est engagé", ajoute-t-il.  
    Le tribunal administratif de Lille a rejeté fin février le 
recours d'associations opposées à l'évacuation de la partie sud 
de la "jungle" -- sauf les espaces sociaux --, ouvrant la voie 
au démantèlement du bidonville où se trouvent des milliers de 
migrants qui espèrent gagner l'Angleterre.  
    Le démantèlement a commencé lundi matin dans le calme avant 
de dégénérer dans l'après-midi et dans la soirée.  Les 
opérations ont donné lieu à des jets de pierres de la part de 
migrants et de militants et des tirs de gaz lacrymogènes de la 
part des CRS et des abris de fortune ont été incendiés. 
    Onze policiers ont été légèrement blessés dans ces heurts et 
"trois auteurs de ces violences inacceptables" ont été 
interpellés, selon le ministre de l'Intérieur qui appelle 
"chacun au calme et à la raison."  
    "La situation migratoire à Calais appelle la responsabilité 
de chacun et l'union de tous ceux, pouvoirs publics et 
associations, qui œuvrent pour des solutions durables et 
humaines", indique-t-il.  
    Les associations opposées à l'évacuation estiment que 
l'opération a été décidée sans proposer des solutions 
alternatives suffisantes. 
    Elles soulignent notamment que le nombre de migrants 
concernés par l'évacuation, de l'ordre d'un millier selon 
l'Etat, est en réalité plus de trois fois plus élevé. 
 
 (Marine Pennetier, avec Pierre Savary à Lille et Reuters TV à 
Calais, édité par Yves Clarisse) 
 
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