Le déficit des retraites atteindra 11 milliards en 2018

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VIDÉO - Deux rapports, de la Cour des comptes et du Conseil d'orientation des retraites, dressent un constat inquiétant de la santé de l'ensemble des régimes.

Les retraites complémentaires des salariés et des cadres se trouvent «devant une situation alarmante, qui exige des mesures urgentes», prévient la Cour des comptes dans un rapport à paraître jeudi, révélé par Le Parisien et dont Le Figaro a obtenu copie. Depuis le début de la crise de 2009, les régimes complémentaires «enregistrent des déficits croissants». Pour continuer à verser les pensions à leurs 11,9 millions d'assurés, l'Agirc et l'Arrco ont dû manger une partie de leurs réserves. Celles-ci s'épuiseront «avant 2023 pour l'ensemble Agirc et Arrco, et au plus tard au début 2018 pour l'Agirc seule», d'après les calculs inédits de la Cour des comptes.

Face «à l'ampleur et à l'urgence du défi», les partenaires sociaux doivent donc trouver 5 milliards par an d'ici à 2018 et économiser pas moins de 120 milliards d'ici à 2030. Retraités, salariés et cadres: tout le monde devra faire des efforts, estiment les comptables de la République, qui jugent inévitable un recul de l'âge de départ à la retraite.

La Cour des comptes n'est pas la seule à tirer la sonnette d'alarme. Le Conseil d'orientation des retraites (COR) présentera ce mardi ses nouvelles projections pour l'ensemble du système, des complémentaires aux régimes de base, en passant par les fonctionnaires, que Le Figaro s'est également procurées. Le trou des régimes de retraite s'élèvera à 11,1 milliards en 2018, soit près de 1 milliard de plus qu'en 2014. Et encore, ces chiffres se fondent sur les hypothèses économiques optimistes du gouvernement, qui table notamment sur une baisse durable du chômage à partir de 2015.

Effet de la réforme Fillon

Ce solde financier n'est pas pire, précise le COR, que celui issu de ses projections réalisées fin 2012. Il faut dire qu'entre-temps est survenue la réforme Touraine, qui a augmenté les cotisations retraites. De plus, les partenaires sociaux ont pris début 2013 des mesures pour rectifier à la marge la trajectoire financière de l'Agirc et de l'Arrco. Enfin, le report de l'âge légal décidé en 2010 par le gouvernement Fillon commence à produire ses effets. Près de 3 milliards des quelque 11 milliards de déficit attendu en 2018 proviendront toutefois du besoin de financement du «régime» des fonctionnaires, automatiquement comblé par l'État.

À plus long terme, ajoute le COR, le système de retraite pourrait, si le chômage retrouve ses niveaux des Trente Glorieuses, «revenir à l'équilibre dans la deuxième partie des années 2020». Mais si l'amélioration n'était pas au rendez-vous, cas le plus probable, alors «les besoins de financement perdureraient».

Les régimes Agirc et Arrco ne survivront pas assez longtemps, à ce rythme, pour voir 2030. Une fois leurs réserves à sec, ils devront couper dans les pensions, car ils n'ont pas le droit d'emprunter, ou mourir. À l'inverse des régimes de base (gérés par la Caisse nationale d'assurance-vieillesse ou le Régime social des indépendants, par exemple), qui peuvent laisser filer les déficits sans faire faillite. À tel point, rappelle la Cour des comptes, qu'ils ont à ce jour accumulé 67 milliards de dette…

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