Le décret Trump contesté en justice pour discrimination religieuse

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 (Actualisé avec précisions du département d'Etat sur nombre de 
visas annulés § 9-10) 
    BOSTON/SEATTLE, 3 février (Reuters) - Trois juges fédéraux 
de Boston, Seattle et Alexandria ont entamé vendredi les 
auditions contestant la régularité du décret anti-immigration 
signé par Donald Trump qui instaure, selon les associations de 
défense des droits civiques, une discrimination religieuse 
contraire à la Constitution américaine. 
    Saisi par l'American Civil Liberties Union (ACLU), le juge 
Nathaniel Gorton s'est montré sceptique quant à la pertinence 
des arguments avancé par l'avocat de l'association représentant 
les plaignants à Boston. 
    Le magistrat a notamment noté qu'à aucun moment le décret 
signé par Donald Trump ne faisait mention de "pays musulmans" et 
qu'il ne pouvait pas considérer les déclarations d'un candidat 
avant ou après son élection comme appartenant à un texte 
réglementaire alors qu'elles n'y figurent pas. 
    Le décret Trump vise explicitement sept pays, la Syrie, 
l'Irak, l'Iran, le Yémen, la Libye, la Somalie et le Soudan, 
tous à majorité musulmane. Mais cette particularité religieuse 
n'est pas spécifiquement mentionnée dans le décret. 
    Au cours de l'audience, le juge Gorton a demandé à l'avocat 
du département de la Justice, Joshua Press, de préciser comment 
avait été constituée la liste des sept pays dont les 
ressortissants sont interdits d'entrée sur le territoire 
américain pour une période de 90 jours. 
    Joshua Press a indiqué que cette liste avait été établie à 
partir d'une loi votée en 2015 et amendée l'an passé, exigeant 
que les citoyens de ces sept pays soient titulaires d'un visa 
pour entrer aux Etats-Unis. 
    Ces restrictions avaient été imposées "par l'inquiétude 
provoquée par l'arrivée de réfugiés, principalement en 
provenance de Syrie, et par les attentats terroristes qui se 
produisaient en Europe", a expliqué l'avocat. 
    Le décret Trump a eu pour conséquence la révocation de plus 
de 100.000 visas qui avaient été octroyés à des ressortissants 
de ces sept pays, a précisé l'avocat du département de la 
Justice devant la juge Leonie Brinkema, siégeant à Alexandria en 
Virginie, selon la presse locale. 
    Mais à Washington, le département d'Etat a fourni un chiffre 
moindre. "Moins de 60.000 visas individuels ont été 
temporairement révoquées conformément au décret", a dit William 
Cocks, porte-parole pour les affaires consulaires. 
    La juge Brinkema a réclamé au gouvernement fédéral qu'il 
fournisse d'ici jeudi prochain la liste de "toutes les personnes 
qui ont été interdites d'entrée ou expulsées des Etats-Unis". 
    La liberté religieuse est garantie aux Etats-Unis par la 
clause "d'établissement" contenue dans le premier amendement de 
la Constitution. 
    A Seattle, ce sont les Etats de Washington et du Minnesota 
qui ont demandé au juge de prononcer une suspension nationale du 
décret de Donald Trump. Le magistrat doit décider si les 
plaignants sont fondés à engager des poursuites sur cette 
question. 
 
 (Scott Malone et Dan Levine avec Lesley Wroughton à Washington; 
Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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