Le décret du gouvernement roumain contesté devant la justice

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    BUCAREST, 3 février (Reuters) - Le médiateur de la 
République roumaine a déposé vendredi un recours devant la Cour 
constitutionnelle contre un décret du gouvernement dépénalisant 
certains abus de pouvoir ou actes de corruption, qui a jeté des 
milliers de Roumains dans la rue.  
    Le décret, qui dépénalise les abus de pouvoir dont les 
conséquences financières sont inférieures à 200.000 lei (44.000 
euros), mettrait fin aux poursuites engagées contre le chef de 
file du Parti social-démocrate (PSD), Liviu Dragnea. 
    Le gouvernement du social-démocrate Sorin Grindeanu a dit 
n'avoir nulle intention de revenir sur ce décret adopté mardi 
soir et qui doit entrer en vigueur dans un peu plus d'une 
semaine, à moins qu'il ne soit jugé inconstitutionnel. 
    Le recours du médiateur Victor Ciorbea, que le procureur 
général du pays avait appelé de ses voeux, s'ajoute à ceux déjà 
déposés par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et le 
président de centre droit Klaus Iohannis.  
    La Cour constitutionnelle a donné au gouvernement, au 
Parlement et au CSM jusqu'à mardi pour présenter leurs 
arguments. 
    Plus de 250.000 personnes ont manifesté mercredi soir dans 
plusieurs villes du pays et elle étaient encore au moins 80.000 
jeudi soir devant le siège du gouvernement sur la plus grande 
place de la capitale, Bucarest. 
    Le gouvernement dit avoir adopté ce décret en urgence afin 
de mettre en conformité la Roumanie avec une directive de 
l'Union européenne qui vise à consolider certains aspects de la 
présomption d'innocence et le droit d'être présent aux procès". 
    Victor Ciorbea a réfuté cet argument, déclarant que la date 
butoir fixée par l'UE était avril 2018.     
 
 (Radu-Sorin Marinas; Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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