Le décompte des bulletins de François Fillon et Jean-François Copé dans un bureau de vote de Nice lors de l'élection du président de l'UMP, le 18 novembre 2012

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L'élection d'un nouveau président de l'UMP a viré lundi à la guerre entre les camps Fillon et Copé qui, en l'absence de proclamation officielle, ont revendiqué chacun la victoire et se sont accusés de fraudes, malgré les appels au calme.Aux petites heures de l'aube, la commission interne du parti, la Cocoe, chargée de valider les résultats de ce premier grand exercice de démocratie interne de l'UMP, s'était résolue à suspendre ses travaux de vérification, sans parvenir à désigner un vainqueur. Elle les a repris peu après 10H00.Comme la veille, Jean-François Copé a de nouveau revendiqué la victoire, assurant attendre "sereinement" le verdict de la Cocoe. Mais, il s'est montré plus accusateur, parlant de "bourrages d'urne", de "fraudes importantes", dans les bureaux tenus par "les amis" de son rival François Fillon. Il a demandé que ne soient "pas comptabilisés" les résultats des bureaux contestés, comme ceux des Alpes-Maritimes, l'une des grosses fédérations UMP. "La stratégie de Copé signe sa défaite en demandant l'annulation des résultats des Alpes-Maritimes. Ca veut dire qu'il a perdu", a réagi auprès de l'AFP un fillonniste."A cette heure, notre décompte confirme (mon) avance", a écrit, peu avant 10H00, dans un communiqué, François Fillon, en demandant d'attendre avec "sang-froid" les résultats. "La dimension d'homme d'Etat commande un peu de sang-froid", lui avait asséné peu avant le secrétaire général de l'UMP.François Fillon et Jean-Francois Copé se sont accusés avec la même vigueur de manquer de "sang-froid" et de faire preuve de "fébrilité"."Putsch", s'est exclamé le député Bernard Debré, pro-Fillon, reprenant une expression, la veille, du fillonniste Dominique Dord. "Tout cela manque de fair-play", s'est indigné M. Copé.Dans ce climat de confrontation exarcerbée, les appels au calme se sont multipliés. L'ex-Premier ministre Alain Juppé, qui n'avait pas pris parti, a demandé aux deux compétiteurs de cesser "les invectives" et de se rencontrer "sur la base du rassemblement". "L'existence même de l'UMP est en cause", a-t-il mis en garde."J'appelle à la dédramatisation, parce que chaque fois que des élections sont serrées, ça se passe un peu comme ça, il y a ce type de conflit, il faut l'accepter", a tenté l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, pro-Copé. "Dédramatisons, calmons le jeu, parlons-nous, arrêtons la campagne électorale".L'ancien président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a lancé également un appel au calme, proposant la mise en place temporaire d'une "instance collégiale".Dimanche soir, tour à tour, Jean-François Copé avait revendiqué la victoire, assurant disposer d'une avance de "1.000 voix". Dix minutes plus tard, François Fillon affichait une avance en sa faveur de "224 voix"."Je ne laisserai pas la victoire échapper aux militants", avait averti le député de Paris, reprenant une phrase lancée en 2008 par Ségolène Royal lors du délétère congrès du PS à Reims, où elle contestait la victoire à sa rivale Martine Aubry.L'UMP se serait bien passée de ce fiasco, doublé d'accusations de fraudes mutuelles des deux camps.Dans certains bureaux des Alpes-Maritimes, un décalage entre les bulletins comptabilisés et les émargements a jeté le trouble. "Intox", a répondu M. Ciotti. Ce "capharnaüm", selon l'expression de Valérie Pécresse, pro-Fillon, risque de gâcher le premier grand exercice de démocratie interne pour l'UMP, dix ans pile après sa fondation. Pourtant, tout avait bien commencé, avec une bonne mobilisation parmi les quelque 300.000 adhérents, la participation semblant dépasser largement les 50%.L'enjeu est d'importance. Le vainqueur, qui sera président de l'UMP jusqu'en 2015, aura une longueur d'avance pour la présidentielle de 2017, même si l'échéance décisive sera la primaire de 2016 et si Nicolas Sarkozy pourrait vouloir troubler le jeu.Devant ce spectacle, les adversaires de l'UMP à droite ne pouvaient que se réjouir."C'est un scénario qui ne nous est pas désagréable", a dit sous forme de litote Louis Aliot (FN). "On vit en direct le crash de l'UMP", s'était réjoui dimanche Florian Philippot. "Je ne peux pas me réjouir de cette situation", a au contraire réagi le porte-parole du PS, David Assouline. Selon lui, "ça ne peut pas être une bonne nouvelle que de voir que la droite est à ce point en situation de se marginaliser sur le plan de sa crédibilité".

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  • M6816885 le lundi 19 nov 2012 à 12:36

    la honte ...