Le débat sur les "Molenbeek français" prend de l'ampleur

le , mis à jour à 21:34
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 (Actualisé avec Jean-Christophe Cambadélis) 
    PARIS, 27 mars (Reuters) - Une centaine de quartiers 
français présenteraient des similitudes avec le quartier 
bruxellois de Molenbeek, a déclaré dimanche le ministre de la 
Ville, de la Jeunesse et des Sports Patrick Kanner, en précisant 
que le gouvernement oeuvrait contre ce problème. 
    Plusieurs membres du commando responsable des attentats du 
13 novembre dernier à Paris et Saint-Denis étaient originaires 
de ce quartier de l'agglomération de Bruxelles, dans lequel 
Salah Abdeslam a été arrêté le 18 mars après quatre mois de 
cavale et parfois considéré comme un vivier d'islamistes 
radicaux.     
    "Il y a aujourd'hui, on le sait, une centaine de quartiers 
en France qui présentent des similitudes potentielles avec ce 
qui s'est passé à Molenbeek", a dit Patrick Kanner lors du Grand 
Rendez-Vous Europe 1-Le Monde-iTELE. 
    Selon lui, "Molenbeek (...), c'est une concentration énorme 
de pauvreté et de chômage, c'est un système 
ultracommunautariste, c'est un système mafieux avec une économie 
souterraine, c'est un système où les services publics ont 
quasiment disparu, c'est un système où les élus ont baissé les 
bras", a-t-il précisé.  
    "Mais il y a une différence énorme aussi et (...) je n'ai 
pas de leçons à donner à la Belgique et à ses pouvoirs publics 
mais il est vrai que nous prenons le taureau par les cornes dans 
ces quartiers", a relevé le ministre de la Ville. 
     
    DISCOURS STIGMATISANT, POUR DRAY ET CAMBADÉLIS 
    Le conseiller régional socialiste d'Ile-de-France Julien 
Dray a de son côté récusé l'expression de "Molenbeek français" 
dimanche lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.      
    "On croit que par les formules on résout les problèmes. On 
cède à la facilité de la communication et ça ne livre aucune 
information réelle", a-t-il déclaré en ajoutant: "Je n'aime pas 
qu'on stigmatise."    
    Il a pourtant dressé un constat comparable à la situation 
décrite par le ministre de la Ville, déclarant que la 
"ghettoïsation urbaine" sociale et ethnique de la société 
française ces vingt dernières années avait donné naissance à des 
"ghettos sociaux (confrontés) à une montée de la délinquance, à 
des noyaux islamistes qui essayent d'utiliser ces problèmes 
sociaux, de les instrumentaliser." 
    Intervenant dans l'émission "C politique" sur France 5 dans 
la soirée, le premier secrétaire du Parti socialiste 
Jean-Christophe Cambadélis a également dénoncé ce discours qui 
selon lui "stigmatise" et "dissou(t) la concorde nationale". 
    "Il y a des problèmes il ne faut pas les fuir", a-t-il 
observé mais selon lui "il y a des poches, il y a des immeubles, 
il y a des rues mais il n'y a pas des quartiers" dans cette 
situation.      
     
    "JEUNESSE FRAGILISÉE" 
    Pour Patrick Kanner, cette situation trouverait notamment 
ses racines dans les émeutes urbaines de 2005, qui ont contribué 
au développement du salafisme dans certains quartiers, en 
fragilisant la jeunesse devenue par la suite une cible pour des 
"prédateurs". 
    "Nous avons tous une part de responsabilité", a-t-il observé 
en mettant cependant en cause la baisse des moyens alloués à la 
police, à l'Education nationale et au monde associatif par la 
majorité précédente.  
    "Il y a eu un problème de mauvaise gestion de ces quartiers 
pendant les années notamment du quinquennat de M. Sarkozy", a 
dit Patrick Kanner.       
    Au lendemain de déclarations polémiques de Michel Sapin sur 
la "naïveté" présumée de la classe politique belge face aux 
islamistes, quelques heures seulement après les attentats de 
Bruxelles, Manuel Valls avait précisé mercredi que la France 
n'avait pas à donner de leçons à la Belgique sur le 
communautarisme. 
    "Nous aussi, en France, nous avons des quartiers qui sont 
sous l'emprise à la fois des trafiquants de drogue et des 
réseaux islamistes et salafistes", avait indiqué le Premier 
ministre sur Europe 1.      
    "Il y a l'équivalent de Molenbeek en France, dans certains 
quartiers", avait estimé le même jour Bruno Le Maire, député Les 
Républicains de l'Eure et candidat de la primaire de la droite 
et du centre pour l'élection présidentielle de 2017.  
    L'expression de "Molenbeek français" a également été 
utilisée jeudi soir par le député LR de l'Yonne Guillaume 
Larrivé à propos d'Argenteuil, au moment où une opération 
antiterroriste était en cours dans cette ville du Val-d'Oise. 
    "Durant ces derniers jours, on a dit tout et n'importe quoi 
sur Argenteuil" mais cette ville "n'est pas et ne sera jamais 
Molenbeek", a répliqué le maire LR de la ville, Georges Mothron, 
dans un billet posté dimanche sur son blog et émaillé de piques 
à l'encontre de Guillaume Larrivé.  
    "Il est facile de dénoncer et de faire de petites phrases 
sur un plateau télé pour faire le buzz, il est plus difficile 
d'agir au quotidien sur le terrain pour faire avancer les choses 
dans le bon sens", relève-t-il en soulignant que les habitants 
de Sevran "sont tout sauf l'image que des politiques plus 
habitués aux salons qu'au terrain veulent bien en donner". 
 
 (Myriam Rivet, édité par Guy Kerivel) 
 
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  • jean.e1 il y a 12 mois

    les boboides ouvrent leur petits yeuxtant qu il y aura les colle a beau de l um ps ca continura