Le débat sur le travail dominical est relancé

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L'OBLIGATION DE FERMETURE DE 15 MAGASINS DE BRICOLAGE LE DIMANCHE RELANCE LE DÉBAT SUR LE TRAVAIL DOMINICAL
L'OBLIGATION DE FERMETURE DE 15 MAGASINS DE BRICOLAGE LE DIMANCHE RELANCE LE DÉBAT SUR LE TRAVAIL DOMINICAL

par Marine Pennetier

PARIS (Reuters) - Le débat sur la fermeture dominicale des magasins en France est relancé par des décisions de justice à l'heure où la consommation des ménages stagne sous l'effet de la crise.

A l'issue d'un long bras de fer avec l'intersyndicale du commerce d'Ile-de-France Clic-P, la chaîne de parfumerie Sephora a été condamnée lundi à fermer les portes de son magasin des Champs-Elysées à 21h au lieu de minuit.

Jeudi, ce sont quinze magasins de bricolage, neuf Leroy Merlin et six Castorama, qui ont été condamnés à fermer le dimanche à la suite d'une plainte déposée par leur concurrent Bricorama. Ce dernier, poursuivi par le syndicat FO, avait été lui-même obligé de fermer ses 24 magasins d'Ile-de-France le dimanche.

Ces condamnations constituent "une quadruple peine pour le pays" pour les consommateurs, les salariés, les entreprises et l'emploi, a estimé vendredi le président du Medef Pierre Gattaz sur BFMTV et RMC.

"Je demande une modification de la loi pour éviter que ce texte-là continue et fasse des ravages", a-t-il ajouté. "C'est insupportable de se dire: les clients veulent consommer et on leur interdit, et nos salariés veulent travailler plus et on leur interdit, c'est complètement délirant."

Tout en saluant la décision de justice, le PDG de Bricorama Jean-Claude Bourrelier a de son côté défendu une législation égalitaire.

"Ce que je souhaite, c'est tous fermés, tous ouverts, mais tous égaux", a-t-il dit à Reuters. "Si mes clients veulent venir me voir le dimanche, je dois les satisfaire, surtout que les magasins d'ameublement ont le droit d'ouvrir, les jardineries ont le droit d'ouvrir."

"TROP RESTRICTIVE"

Selon le code du travail français, le repos hebdomadaire d'un salarié doit être de 24 heures consécutives et est accordé "dans l'intérêt des salariés" le dimanche.

Des dérogations sont toutefois prévues pour certains types de commerce comme la restauration, les musées, les entreprises de presse ou l'ameublement et depuis 2009 dans les communes touristiques et les agglomérations de Paris, Lille et Marseille.

Jugée trop restrictive par les enseignes et par les salariés, la législation en vigueur est également critiquée par les syndicats qui voient dans la série de dérogations un risque de banalisation du travail dominical, sans salaire majoré.

En 2011, près de 30% des salariés français travaillaient de manière occasionnelle ou habituelle le dimanche, selon l'Insee.

"La liberté de travailler en France est victime de la loi des séries et d'un acharnement sans précédent", estime dans un communiqué le collectif des "bricoleurs du dimanche", qui réunit des salariés favorables au travail dominical, au lendemain de la décision de justice visant Leroy Merlin et Castorama.

"Nous sommes affolés par le manque d'écoute de nos gouvernants, en commençant par celui du président de la République qui reste sourd à nos demandes. Au total, dans ce dossier, plus de 1.000 emplois sont directement menacés."

CONSOMMATION DES MÉNAGES

Interpellé en mai par une dizaine de députés PS qui lui demandaient d'autoriser les magasins de bricolage d'Ile-de-France à ouvrir le dimanche, le ministre du Travail Michel Sapin avait déclaré qu'il ne souhaitait pas "grignoter par petits morceaux le repos dominical".

"La situation est extrêmement complexe et la droite l'a rendue encore plus complexe", ajoutait-il, en faisant allusion à la loi de 2009 introduisant de nouvelles dérogations.

A l'heure où la consommation des ménages stagne et où le gouvernement maintient son objectif d'inverser la courbe du chômage avant fin 2013, certains chefs d'entreprise mettent en garde contre un statu quo concernant le repos dominical et appellent le gouvernement à la prudence.

"En baissant le rideau de Sephora à 21heures, puis ceux des autres entreprises qui seront contraintes de fermer ensuite, on plongera progressivement les Champs-Elysées dans l'obscurité commerciale", souligne Jean-Noël Reinhardt, président du comité Champs-Elysées, qui compte 180 entreprises et commerçants adhérents, dans une tribune publiée vendredi dans Les Echos.

Avec 20% du chiffre d'affaires réalisés le soir, la perte prévisionnelle pour les commerces de cette avenue pourrait s'élever à plusieurs centaines de millions d'euros sur une activité totale d'environ 1,5 milliard d'euros", dit-il.

"Ceci se traduira par la destruction de quelques centaines d'emplois, probablement entre 300 et 500. Notre pays s'ingénie à détruire ce qui fonctionne", a-t-il ajouté en demandant l'ouverture d'une discussion.

Sans pouvoir chiffrer le gain en termes d'emplois d'une autorisation plus large, le président du Medef évoque de son côté "des centaines de milliers d'emplois, des dizaines de milliers d'emplois".

"Je vais pousser pour que, avec les partenaires sociaux et avec les députés, on modifie la loi", a dit Pierre Gattaz, "en essayant d'expliquer avec nos partenaires, avec les salariés et avec les entreprises qu'on ne peut plus vivre en France comme dans les Trente glorieuses en étant recroquevillés sur nous-mêmes".

Avec Jean-Baptiste Vey et Ingrid Melander, édité par Yves Clarisse

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  • M3493130 le vendredi 27 sept 2013 à 16:51

    Que l'on laisse les gens travailler quand il y a du travail. Le dimanche et la nuit, il y a déjà beaucoup de monde qui travaille. Il y a des compensations. Des infirmières choisissent le travail de nuit car ça les arrange. Nous allons au resto le dimanche et sommes servis!Les étudiants sont contents des se faire quelques euros en travaillant week end et fêtes.Tous ceux là vont perdre leur petit supplément de salaire. C'est mal pensé.

  • M6322243 le vendredi 27 sept 2013 à 16:30

    baljo:::ce travail est economique!!!l'autre nuit a la sante!!!!!!!!!raisonnement de communiste nous on est des cons,,,

  • baljo le vendredi 27 sept 2013 à 16:02

    Si vous voulez travailler le dimanche allez bosser dans un hôpital, a la SNCF , que sais-je encore!

  • M4426670 le vendredi 27 sept 2013 à 15:49

    Il ne faut pas s'étonner de la situation de notre pays: quand on bride l'activité et que dans le même temps on augmente les impots......... Avec quoi on va les payer si le travail est limité???? C'est la même démarche avec le contrat de travail: 35 h pas plus, sans heures supp sinon ; impots! pas de contrat précaire!! résultat; des impots, pas de travail! pas belle la France ?

  • M6322243 le vendredi 27 sept 2013 à 15:46

    encor les communistes ils ne disent pas que les amendes va dans leur poche verole du travail en france responsable des fermetueres et de la chaume empoisoneur par le soutient aux immigres anti francais!!!!!!

  • M3182284 le vendredi 27 sept 2013 à 15:29

    La CGT a gagnée une victoire à la Pyrrhus....les stigmates de ce jugement inique -Bobigny, chantre de l'archaïsme judiciaire de la France- emporteront tout le droit du travail pour le meilleur, c'est à dire l'ajustement par la flexibilité, pas par le chomage