Le débat sur le Brexit, une occasion de réformer l'Europe-Sarkozy

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    PARIS, 17 mai (Reuters) - Nicolas Sarkozy estime que les 
critiques des Britanniques contre l'Union européenne sont 
souvent fondées et voit dans le débat sur le "Brexit", qui se 
traduira le 23 juin par un référendum, une opportunité pour 
refonder l'Europe menacée par le populisme. 
    Mais dans une interview publiée mardi par Le Monde, l'ancien 
président ne voit rien à reprocher aux gouvernements polonais et 
hongrois, des "démocraties qui fonctionnent" alors que les 
institutions européennes ont dénoncé certaines mesures prises 
par Budapest et Varsovie. 
    "Le débat sur le 'Brexit' est une opportunité pour refonder 
l'Europe", dit-il dans cet entretien consacré à l'Europe. "Sur 
nombre de leurs critiques, les Britanniques ont raison. Le 
décrochage des peuples vis-à-vis de l'Europe est un sujet de 
préoccupation majeur pour tous les pays." 
    "Mais 'Brexit' ou pas, il faudra, dans tous les cas de 
figure, refonder profondément le projet européen, et cela 
passera par un traité dont la France doit être à l'initiative, 
dès l'été 2017", ajoute le président des Républicains. 
    La priorité sera selon lui de poser les bases d'un Schengen 
2, avec un gouvernement de Schengen composé des ministres de 
l'Intérieur des pays membres et un président stable, qui aurait 
autorité sur Frontex, l'agence de contrôle des frontières 
extérieures, pour piloter l'immigration.  
    La liberté de circulation des ressortissants des pays tiers 
à l'Union européenne ne serait plus permise dans l'UE tant que 
Schengen 2 ne sera pas adopté, propose-t-il. 
    Y adhérer supposera l'adoption préalable d'une politique 
d'immigration commune, avec notamment une harmonisation des 
prestations sociales accordées aux demandeurs d'asile pour 
éviter le tourisme social, ajoute Nicolas Sarkozy. 
    "Tout nouvel entrant dans l'Union européenne ne pourra pas 
toucher une allocation sociale avant un délai de cinq ans, à 
l'image de ce que font les Britanniques et projettent de faire 
les Allemands, explique l'ancien président. 
    "Ce n'est qu'une fois que nous aurons atteint cette 
harmonisation que nous pourrons nous passer de frontières 
intérieures à l'Europe." 
    Nicolas Sarkozy défend par ailleurs le Premier ministre 
hongrois Viktor Orban et le nouveau gouvernement polonais, 
critiqués par les institutions européennes pour des mesures 
jugées dangereuses pour le processus de décision démocratique. 
    "A ma connaissance, [Viktor Orban) a toujours respecté le 
verdict des urnes, puisqu'il a gagné à trois reprises et été 
battu à une, ce qui n'est pas la marque d'une dictature", 
estime-t-il. "On ne  peut pas dire qu'il n'y a pas de démocratie 
en Hongrie. C'est le travers des élites françaises que de 
vouloir donner des leçons au monde entier." 
    "Quant à la Pologne, j'ai vu les frères Kaczynski au 
pouvoir. Ils ont respecté les règles européennes et, quand ils 
ont été battus, ils sont partis. Après 50 ans de joug 
communiste, ces pays sont des démocraties qui fonctionnent." 
 
 (Yves Clarisse, édité par Yann Le Guernigou) 
 
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