Le débat sur l'accueil des migrants s'installe en France

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* Manifestations de soutien aux réfugiés à Paris et Nantes * Le PS propose la création d'un réseau de villes solidaires * Sarkozy veut des "centres de rétention administrative" PARIS, 5 septembre (Reuters) - Le débat sur l'accueil des réfugiés qui affluent par milliers aux portes de l'Europe est monté d'un cran en France, où le Parti socialiste a lancé un appel à la solidarité tandis que la droite propose diverses solutions pour répondre à la crise. Une manifestation de soutien aux migrants issus pour la plupart de la Syrie en guerre a rassemblé plusieurs milliers de personnes place de la République, à Paris, derrière la bannière #PasEnNotreNom. "Refugees welcome", "Bienvenue", "Unité humanité solidarité", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par la foule où l'on reconnaissait l'ex-compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler, et la chanteuse Jane Birkin. A Nantes, près d'un millier de personnes se sont réunies sur une place du centre-ville. Tenant des panneaux "Nantes Welcome Refugees", elles ont observé une minute de silence en mémoire des réfugiés morts en Méditerranée, avant de suivre une minute d'applaudissements et de cris "pour se faire entendre des politiques". Des associations spécialisées dans l'accueil des migrants se tenaient également à des tables, où les volontaires pouvaient proposer leur aide ou un hébergement. Le rassemblement a été émaillé de quelques heurts avec une demi-douzaine de personnes, qui avaient déployé une banderole hostile à l'accueil des réfugiés. Dans le sillage de l'émotion provoqué par la publication de photographies du corps d'un enfant syrien échoué sur une plage turque, le Parti socialiste a appelé vendredi à créer un réseau de villes prêtes à accueillir des familles de réfugiés. Les 13 maires socialistes de la métropole bordelaise, constituée de 28 communes au total, ont répondu présent. La ville de Saint-Etienne (Loire) s'est elle aussi déclarée candidate à l'accueil de réfugiés syriens. "On n'est pas dans une invasion, on n'est pas dans un changement de la politique migratoire de la France, on est dans la tradition de l'Europe, de la France, et dans le droit international, la possibilité pour des pays qui vivent en paix d'accueillir ceux qui connaissent la guerre", a expliqué sur BFM TV le député PS Christophe Borgel. SAUVETAGE DE 327 MIGRANTS PAR LA MARINE FRANÇAISE A La Baule (Loire-Atlantique), le sujet a été abordé par Nicolas Sarkozy, François Fillon et Alain Juppé, les trois principaux candidats -- déclarés ou présumés -- à la primaire des Républicains pour l'élection présidentielle de 2017. Nicolas Sarkozy a proposé la création de "centres de rétention administrative" installés "sous le contrôle de l'Europe dans les pays périphériques à l'Europe, car le statut de réfugié politique doit être refusé ou accordé avant que la mer Méditerranée ne soit traversée. » "Je voudrais également qu'on décide d'arrêter avec Schengen", a dit Nicolas Sarkozy à propos de l'espace européen prévoyant la libre circulation des personnes. Avant lui, François Fillon a demandé la création de "lieux d'accueil dans les pays proches des zones de guerre" et l'envoi sur place de "services pour traiter les demandes d'asile, et faire le tri entre les véritables réfugiés, ceux qui ont le droit à notre protection, et les autres, les migrants économiques, que nous ne pouvons pas recevoir, car nous n'en avons pas les moyens en Europe." Alain Juppé a invité quant à lui à "prendre notre part de la misère du monde mais pas toute la misère du monde." L'ancien Premier ministre s'est dit favorable "à ce que nous instaurions des quotas d'immigration économique, votés par le Parlement." Il a aussi appelé à "augmenter le budget de Frontex", l'agence censée contrôler les frontières de l'Europe, et "constituer un corps de garde-frontières et de garde-côtes." A l'université d'été du Front national à Marseille, la présidente Marine Le Pen s'est prononcée pour la création de "zones humanitaires" dans les pays d'origine des migrants. "Il faut les raccompagner chez eux dans des zones où ils seront en sécurité. C'est tout à fait possible", a-t-elle déclaré à la presse. Plusieurs sondages parus récemment ont montré qu'une majorité de Français sont réticents à l'idée de voir la France accueillir des migrants et des réfugiés. Selon un communiqué du ministère de la Défense, un navire français engagé dans Frontex a procédé samedi matin au sauvetage de 327 naufragés en détresse au sud-est des côtes italiennes . (Elizabeth Pineau, avec Pauline Mével à Paris, Claude Canellas à Bordeaux, Jean-François Rosnoblet à Marseille et Guillaume Frouin à La Baule)

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