Le Dalaï Lama voit l'Europe comme un espoir pour le Tibet

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    STRASBOURG, 15 septembre (Reuters) - Le Dalaï Lama, chef 
spirituel des bouddhistes tibétains, a salué jeudi à Strasbourg 
"l'esprit européen" fondé sur la paix et la démocratie, dont il 
espère qu'il serve d'exemple pour trouver un jour une solution à 
la question du Tibet. 
    Invité jeudi par le Parlement européen et le Conseil de 
l'Europe, l'alerte vieillard de 81 ans a cité l'Union comme un 
espoir pour son pays occupé depuis 1950 par la Chine, qui le 
considère comme partie prenante de son territoire. 
    "Je suis toujours impressionné par l'esprit de l'Union 
européenne", a-t-il affirmé devant la commission des Affaires 
étrangères du Parlement européen où il était auditionné après 
avoir été accueilli dans l'institution par son président, Martin 
Schulz. 
    "Ce continent où le sang a coulé a réussi à régler ses 
problèmes. Cet esprit devrait se propager à travers le monde", 
a-t-il ajouté pour rappeler sa position désormais conciliante 
sur l'avenir de son pays, qu'il a fui après l'échec d'un 
soulèvement en 1959. 
    "Nous ne voulons pas nous séparer des Chinois ou de la 
Chine", a rappelé celui qui a renoncé à toute fonction politique 
depuis 2011 mais qui continue à plaider pour une autonomie 
respectant la langue et la culture des Tibétains bouddhistes. 
    Invitant chacun à pratiquer quotidiennement, à son exemple, 
la méditation analytique comme moyen de maîtriser ses émotions, 
Tenzin Gyatso - son nom de baptême - a affiché sur le sujet un 
optimiste qu'il affiche comme une vertu cardinale. 
     
    400 MILLIONS DE BOUDDHISTES EN CHINE 
    "La République de Chine a toujours le même parti communiste 
et la même constitution, mais la réalité change", a-t-il assuré 
en réponse à une question. "Les dirigeants chinois prennent 
conscience que les politiques passées n'étaient pas réalistes." 
    Autre motif d'espoir, selon lui, "la population bouddhiste 
en Chine, à peu près 400 millions de personnes, commence à 
prendre conscience de l'authenticité réelle de la tradition 
bouddhiste tibétaines". 
   L'optimisme n'excluant pas la malice, le 14e Dalaï Lama, qui 
ne manque pas de rappeler son grand âge, s'est amusé du fait que 
les dirigeants chinois soient aujourd'hui plus préoccupés par 
"la réincarnation du Dalaï Lama" que par sa propre personne. 
    "Dans ce cas, le Parti communiste devrait accepter certains 
principes de la réincarnation", a-t-il ajouté alors que les 
dirigeants ne cachent pas leur intention de désigner eux-mêmes 
son successeur. 
    "Mais pas de réincarnation avec des pouvoirs politiques", a 
prévenu le militant des droits de l'homme, du dialogue 
interreligieux et de la démocratie universelle qu'il est devenu. 
    En conclusion, le président de la commission des Affaires 
étrangères, le démocrate-chrétien allemand Elmar Brok, a fait 
référence aux pressions exercées sur le Parlement européen pour 
que la réunion n'ait pas lieu. 
    "Je sais que nous devons parler avec la Chine, mais personne 
ne peut nous imposer notre agenda", a-t-il dit. 
    Le Dalaï Lama n'a pas été reçu par le président ni par aucun 
membre du gouvernement français pendant sa visite en France. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 
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