Le cycle haussier de Wall Street en bout de course

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VERS UNE FIN PROCHAINE DU CYCLE HAUSSIER DE WALL STREET
VERS UNE FIN PROCHAINE DU CYCLE HAUSSIER DE WALL STREET

par Edward Krudy

NEW YORK (Reuters) - En ce début de mois de septembre, historiquement guère porteur pour le marché actions, il y a toutes les raisons de croire que Wall Street, du moins à court terme, est tout près de connaître la fin du cycle haussier en cours.

Le S&P 500, indice de référence des gérants de fonds, affiche une progression de 14% depuis le début de l'année et se retrouve à son niveau le plus élevé en plus de quatre ans.

Si l'on ne tient pas compte de 2009 - quand les cours avaient fortement rebondi après le creux touché en pleine crise financière en 2008 - l'année 2012 pourrait être la meilleure pour le marché actions depuis 2003.

Les mauvais chiffres de l'emploi au mois d'août aux Etats-Unis et les avertissements sur résultats de FedEx et d'Intel n'ont pas entamé la frénésie d'achat des investisseurs, persuadés que les banques centrales vont intervenir pour soutenir l'économie.

Après la décision, annoncée jeudi dernier, de la Banque centrale européenne (BCE) de lancer un nouveau programme de rachats d'obligations souveraines, la Réserve fédérale devrait, selon une majorité d'économistes, lancer à son tour un nouveau programme de soutien cette semaine.

"(...) Les mauvaises nouvelles peuvent être bonnes, essentiellement en raison de l'effet Ben Bernanke (président de la Fed)", a déclaré Eric Kuby, chargé des investissements chez North Star Investment Management.

Le S&P 500 se traite actuellement à niveau représentant 13,3 fois les bénéfices estimés des entreprises qui font partie de l'indice. Même s'il est inférieur au ratio médian de 13,7 constaté depuis 1976 (calculé par Morgan Stanley), il est proche de la partie haute de la fourchette observée depuis cinq ans.

Le dernier ratio le plus haut en date remonte à février 2011 quand il était à 13,5. Si l'on part du principe que la situation n'a guère évolué en 18 mois, il n'y a aucune raison que la hausse actuelle du S&P se poursuive.

DÉTÉRIORATION DES PERSPECTIVES EN MATIÈRE DE RÉSULTATS

Si on ajoute à ces données le fait que le troisième trimestre ne sera guère réjouissant pour les entreprises en termes de résultats, le cours des actions ne peut que baisser.

"Nous sommes d'avis que le prochain mouvement à deux chiffres sera vers le bas, pas vers le haut", estime Morgan Stanley dans une note de recherche.

Les analystes de la banque américaine voient le S&P 500 terminer l'année à 1.214, soit en repli de 15% par rapport à son niveau de clôture de vendredi, à 1.437,92 points.

Sur l'ensemble de la semaine dernière, le Dow Jones s'est adjugé 1,65%, le S&P 500 2,23% et le Nasdaq Composite 2,27%. Il s'agit de la meilleure performance hebdomadaire depuis juin pour le S&P et le Nasdaq, depuis juillet pour le Dow Jones.

S'agissant des résultats, les analystes financiers anticipent désormais en moyenne un recul de 2,1% au troisième trimestre. Il y a un an, ils avaient tablé sur une hausse de près de 15%.

Jonathan Golub, analyste chez UBS, évoque une "disette" de résultats, voire une "récession" en la matière.

"Alors que les investisseurs ont les yeux rivés sur la politique monétaire, nous pensons que la faiblesse des résultats va contenir toute avancée du marché", estime-t-il.

Si les annonces de la BCE ont tiré vers le haut les marchés actions la semaine dernière, celle qui s'ouvre s'annonce à hauts risques pour la zone euro, avec une multiplication d'événements potentiellement cruciaux.

Des juges allemands, les électeurs néerlandais ou encore des régulateurs européens peuvent chacun à leur manière lever de nouveaux obstacles et faire retomber l'optimisme prudent né des annonces de la BCE.

Mais l'Europe, principal responsable de la déprime de la conjoncture économique mondiale, n'est pas le seul sujet de préoccupation des intervenants de marché.

Le ralentissement économique à l'oeuvre en Chine a connu une nouvelle illustration avec une croissance de la production industrielle au plus bas depuis mai 2009.

Comme pour la Fed, la majorité des investisseurs est convaincue qu'une nouvelles intervention de la banque centrale chinoise n'est qu'une question de temps.

Benoit Van Overstraeten pour le service français

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