Le crédit se redresse en zone euro, pas la masse monétaire

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FRANCFORT, 25 septembre (Reuters) - La croissance du crédit aux entreprises et aux ménages de la zone euro s'est accélérée en août mais celle de la masse monétaire globale a ralenti, montrent les statistiques publiées vendredi par la Banque centrale européenne (BCE), qui dressent un tableau en demi-teinte des perspectives d'activité. Les prêts aux ménages ont augmenté de 1,0% sur un an et ceux aux entreprises non-financières de 0,4%, des chiffres supérieurs d'un dixième de point à ceux enregistrés pour juillet, révisés à la baisse la semaine dernière. La BCE met en avant l'amélioration du crédit pour affirmer que ses achats de dette sur les marchés, au rythme de 60 milliards d'euros par mois, sont efficaces. Elle a jusqu'à présent ignoré les appels à un renforcement de cette politique d'assouplissement quantitatif pour tenter de faire remonter l'inflation et de compenser les turbulences sur les marchés. Toutefois, la croissance de deux des principales mesures de la masse monétaire totale dans la zone euro, qui influence l'inflation et constitue souvent un indicateur avancé de l'activité économique, a ralenti le mois dernier. La croissance de M1, qui inclut la monnaie fiduciaire (billets et pièces) et les dépôts bancaires immédiatement convertibles en liquidités ou utilisables pour des paiements, est revenue à 11,4% sur un an, contre 12,2% en juillet, sa première baisse marquée en 15 mois. Celle de la masse monétaire M3, plus large puisqu'elle inclut entre autres les dépôts à maturité plus longue, les fonds monétaires et certains titres de dette, a ralenti à 4,8% contre 5,3% le mois précédent, alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un chiffre inchangé. "Cela (...) va sans doute provoquer une certaine déception au sein de la BCE alors qu'elle attend de la croissance de la masse monétaire qu'elle alimente les pressions inflationnistes", a commenté Howard Archer, chef économiste Europe d'IHS Global Insight. Pour Marco Valli, chef économiste zone euro d'UniCredit Research, "si cette tendance au ralentissement se confirmait, cela pourrait signifier que l'an prochain, on pourrait observer aussi des signes de ralentissement de l'économie, mais pour l'instant, il s'agit d'un ajustement à des niveaux très élevés." Kenneth Broux, responsable de la recherche entreprises, changes et taux de la Société générale, estime que la faiblesse de la croissance des prêts bancaires peut s'expliquer par le fait que les entreprises se financent de plus en plus sur les marchés de capitaux, au détriment du crédit bancaire. "Les entreprises ont capitalisé sur le QE et la hausse des spreads cette année en émettant sur les marchés de capitaux", explique-t-il. "Il ne faut donc pas tirer trop de conclusions des mauvais chiffres de M3, même si les perspectives pour l'économie et l'investissement des entreprises restent mitigées" La relance des marchés de capitaux afin d'offrir une alternative au crédit bancaire fait partie des objectifs affichés de la BCE. (Francesco Canepa et Balazs Koranyi, avec John O'Donnell, Marc Angrand pour le service français)

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