Le crédit renouvelable mieux encadré

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La loi Lagarde entre en vigueur ce dimanche. Il faudra rembourser en trois ans tout crédit inférieur à 3000 euros.

«C'est un texte de protection et de sécurité des consommateurs, de liberté et de responsabi­lité», a rappelé vendredi Christine Lagarde, la ministre de l'Économie, à l'origine de la loi sur la réforme du crédit à la consommation dont les principales mesures entreront en vigueur dimanche.

La réforme, votée il y a près d'un an, s'applique aussi aux crédits en cours. Elle vise surtout à limiter les dérives des crédits renouvelables, présents dans 82% des dossiers de surendettement, selon la Banque de France. L'une des mesures phares de cette loi consiste à limiter la durée de vie des crédits renouvelables. Leur durée de remboursement est désormais limitée à 36 mois pour tout prêt inférieur à 3000 euros, et à 60 mois au-delà de cette somme. Ce qui devrait se traduire pour le consommateur, par une augmentation des mensualités de remboursements et par une diminution du poids des intérêts et donc du coût total du crédit.

Autre changement notoire, l'emprunteur qui s'endette pour plus de 1000 euros doit pouvoir choisir entre un crédit renouvelable aux taux frôlant les 20% et un crédit à la consommation. «Les vendeurs devront proposer d'autres formes de crédit, ce qui devrait limiter les risques de surendettement», estime Maxime Chipoy à l'UFC-Que choisir, globalement satisfait de la loi.

«Davantage de crédits classiques»

La fonction paiement comptant de ces cartes est désormais activée par défaut. De leur côté, les établissements de crédit doivent vérifier la solvabilité de l'emprunteur en consultant notamment le fichier national des incidents de remboursement (FICP).

«Ce que j'espère, c'est qu'on va avoir une réorientation vers davantage de crédit classique et moins de crédit renouvelable, en particulier sur les très gros montants», a clairement indiqué vendredi Christine Lagarde. Une situation qui est en train de se matérialiser. Les consommateurs, qui ont globalement moins recours au crédit à la consommation, ont souscrit moins de cartes de fidélité l'an dernier.

Et les crédits renouvelables accordés par les établissements spécialisés ont diminué de 6,3% (14,4 milliards d'euros), alors que les prêts personnels «classiques» ont progressé de 18,1% (10,5 milliards). À l'avenir, «le crédit revolving sera dédié aux achats de petits montants et récurrents», estime Françoise Palle-Guillabert, délégué général de l'Association française des sociétés financières (ASF). Les sociétés de crédit planchent déjà sur de nouvelles offres. Enfin, les taux d'usure vont baisser au cours des deux ans à venir.

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