Le crédit low-cost connaît une forte croissance

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La plateforme de crédit entre particuliers, Prêt d'Union, a attribué 14 millions d'euros de prêts depuis janvier contre 11 millions l'an passé.

Internet fait évoluer les pratiques bancaires. Alors que BNP Paribas, dernier des grands réseaux français à ne pas disposer de sa banque en ligne, vient de se lancer, les prêts en ligne et entre particuliers sont en plein essor. Le leader et seul site internet de prêts entre particuliers agréé en France, Prêt d'Union, a distribué plus de crédits depuis le début de l'année que durant toute l'année dernière. La plateforme de prêt a ainsi accordé pour 14 millions d'euros de crédits depuis janvier contre 11 millions l'an passé. Et la croissance du groupe devrait se poursuivre à un rythme soutenu puisque Charles Egly, cofondateur de la plateforme, vise «40 millions de prêts accordés en 2013. La croissance est aujourd'hui de l'ordre de 10% par mois avec près de 4 millions de prêts attribués, dans un marché du crédit à la consommation en berne».

Le concept de Prêt d'Union est simple: des créanciers prêtent de petites sommes d'argent à d'autres particuliers contre rémunération. Le principe est donc semblable à celui de banques ou organismes de crédits classiques, sauf que l'intermédiaire bancaire est remplacé par une plateforme en ligne. «Nous sommes une alternative aux structures traditionnelles de crédit», souligne Charles Egly.

Pour un emprunteur, l'avantage est de trouver des taux d'intérêt moins élevés qu'avec le circuit traditionnel. «Pour une somme de 5000 euros maximum, Prêt d'Union propose quatre durées de prêts de 2, 3, 4 ou 5 ans avec des taux de 4%, 4,5%, 5% et 5,5%», avance Charles Egly. Avec les structures classiques, le taux moyen d'un prêt à la consommation de 3000 euros est de 15%», souligne le spécialiste.

Les Prêts d'Union «sont de 1 à 1,5 point en deçà de la moyenne des petits crédits», souligne le cofondateur de la plateforme. «Les emprunteurs sont des internautes avisés qui ont fait des recherches sur Internet avant de passer à l'acte. Il y a d'un côté les 30/40 ans et de l'autre les 50 ans et plus. Le prêt contracté vise à financer un projet professionnel, l'achat d'une voiture par exemple, ou un mariage, des travaux de rénovation…»

Seuls 6% des dossiers retenus

De l'autre côté, «le profil type de l'investisseur-prêteur est un boursicoteur averti qui prête, en moyenne, 9000 euros». Les créanciers de Prêt d'Union, qui ne connaissent pas le destinataire de leur placement, récupèrent l'intégralité des taux d'intérêt payés par l'emprunteur. La start-up qui emploie 40 personnes se rémunère, elle, en conservant 2% de frais de dossier à l'ouverture du prêt.

La start-up, qui garantit in fine le remboursement des prêts, a bataillé pendant deux ans avant d'obtenir l'agréement de l'Autorité de Contrôle Prudentiel (Banque de France). Complexe, son modèle d'analyse du risque croise différentes données: l'étude de la solvabilité des emprunteurs, leurs comptes et historiques bancaires et des moyens veillant à éviter le blanchiment et la fraude. En conséquence, le groupe ne retient que 6% des dossiers présentés et le taux de défaut est faible, de l'ordre de 1%.

Ce modèle a été plébiscité par des actionnaires de renom, à commencer par Xavier Niel qui détient 4% de la

plateforme, via le fonds Kima Venture. Charles Egly se revendique d'ailleurs du célèbre patron d'Iliad: «Nous sommes, à notre échelle, un peu le Free du Crédit!». Crédit Mutuel Arkéa détient également un tiers du capital, aux côtés des fondateurs et salariés qui possèdent eux-aussi près d'un tiers du groupe, la Financière de l'échiquier ainsi que AG2R La Mondiale et de nombreux Business Angels figurent également au tour de table.

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