Le crédit immobilier risque de décrocher en 2012

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INFOGRAPHIE - Sa chute représenterait un plongeon de près de 20% par rapport à 2011.

Les ménages seront très prudents en 2012. Moins confiants dans l'avenir et très sensibles à la fin de nombreuses aides à la pierre, ils devraient être beaucoup moins nombreux à souscrire un crédit immobilier. «Le nombre de crédits accordés devrait enregistrer une "forte chute" aux environs de 130 milliards d'euros», estime d'ailleurs Michel Mouillart, professeur d'économie à l'université Paris-Ouest. Ce qui représenterait un plongeon de près de 20%, par rapport à 2011! Si cela se confirmait, le total des crédits accordés se situerait en dessous du niveau de 2008 (140 milliards), année du début de la crise et il se situerait niveau de 2004! Ce renversement de tendance surviendrait après une explosion de ces crédits depuis le début des années 2000 qui avait contribué à la bonne tenue du marché immobilier en France: 70,8 milliards en 2001 et le record absolu de 170,2 milliards en 2007.

L'an dernier, les banques ont accordé pour 160 milliards de prêts immobiliers, selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. Un montant en baisse de «seulement» 5% par rapport à 2010, grâce notamment à une fin d'année «exceptionnelle», après un été et un début d'automne en chute libre. Mais, comme en 2010, de nombreux Français ont acheté un logement par «anticipation» de la fin de certaines aides immobilières le 1er janvier: fin du PTZ+ pour l'achat de logements anciens et forte baisse de l'avantage fiscal Scellier pour les investisseurs.

L'important décrochage prévu cette année serait dû notamment à la fin (programmée fin 2012 pour le Scellier) de ces deux dispositifs et «à une moindre demande des ­emprunteurs», selon Michel Mouillart. Un dernier point que confirme une étude récente de l'Observatoire des crédits aux ménages, selon laquelle «la demande de crédits immobiliers, qui a reculé d'environ 30% depuis 2007, est au plus bas depuis la fin des années 1980».

Hausse des taux à venir

Cette frilosité est aussi renforcée par la hausse des taux des crédits immobiliers et le durcissement des conditions d'octroi par les banques. En décembre, les taux des prêts atteignaient en moyenne 3,94% (3,86% en novembre), contre 3,25% en novembre 2010! Seuls 43,2% de prêts accordés se situaient au-dessous de la «barrière psychologique» des 4%, selon l'observatoire. En ce début d'année, les taux ont déjà augmenté de 0,4% en moyenne et ils pourraient atteindre 4,25% en moyenne d'ici l'été. Les durées moyennes d'emprunt devraient aussi diminuer (212 mois en moyenne en décembre). Ce qui désavantagera les plus jeunes acquéreurs, moins présents sur le marché immobilier depuis deux ans. «Le marché s'est transformé», note Michel Mouillart. Désormais, les acquéreurs ont en moyenne des revenus plus élevés (la part des plus de 45 ans a augmenté), un apport personnel plus conséquent (parfois puisé dans leur épargne) et ils s'endettent moins.

Une tendance que l'on constate aussi en matière de crédits à la consommation. La production a ainsi reculé de 0,5% en 2011 (par rapport à 2010) et de 14% par rapport au pic historique de 2007, selon l'Association française des sociétés financières (ASF). Là aussi, les anticipations ne sont pas très optimistes. Seuls 3,6% des ménages envisageraient de souscrire ce type de prêt cette année (4,1% en 2010 et 5,1% en 2007), selon l'Observatoire des ménages.

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  • titi18 le vendredi 27 jan 2012 à 11:19

    Pas de panique Hollande va faire baisser les taux