Le Crédit agricole pourrait aussi réduire son bilan

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par Lionel Laurent

PARIS (Reuters) - Le Crédit agricole suivra vraisemblablement le chemin tracé par BNP Paribas et Société générale en annonçant des mesures pour réduire la taille de son bilan et limiter ses besoins de financement en dollars, estiment des analystes et des sources proches de la banque.

Bien que plus centrée sur la banque de détail et ayant déjà réduit la voilure dans la banque d'investissement, Crédit agricole souffre toujours de sa politique ambitieuse d'expansion d'avant la crise et notamment de son acquisition de la banque grecque Emporiki.

Elle est donc loin d'être immunisée contre le cocktail explosif de la hausse des coûts de financements en dollars et des craintes sur la dette souveraine de la zone euro.

Pour les analystes contactés par Reuters, Crédit agricole devrait donc prendre des mesures similaires à celles de ses consoeurs.

"Je vois difficilement comment ils (Crédit agricole) pourraient s'en passer, il est probable qu'ils bougent", a indiqué à Reuters une source familière avec la stratégie du groupe.

Plusieurs analystes basés à Paris et ayant eu récemment accès à la direction de la banque ont indiqué dans des notes de recherche qu'ils s'attendaient à des cessions d'actifs toxiques ainsi qu'à un plan d'optimisation des prêts en dollars.

Signe possible d'un désengagement dans la banque d'affaires, Crédit agricole vient d'annoncer mardi qu'il dirigerait désormais son activité conseil en fusion-acquisition au Moyen-Orient de Paris.

Le Crédit agricole, en majorité détenu par les caisses régionales, a vu le cours de son action fondre de près de moitié depuis le début de l'année (-47,58%), une performance un peu moins mauvaise que celle de Socgen (-51,60%) mais bien en retrait de celle de BNP (-38,07%).

PAS D'EXCEPTION A PRIORI POUR LE CRÉDIT AGRICOLE

Société générale a annoncé le 12 septembre une série de mesures pour renforcer ses fonds propres et a été suivie deux jours plus tard par la BNP qui a décidé de réduire la taille de son bilan de l'ordre de 10% d'ici la fin 2012.

"Les banques françaises vont vraisemblablement se détourner du financement à long terme en dollars d'avions ou de biens immobiliers", estime l'analyste de Citigroup Kinner Lakhani.

"Je ne vois pas pourquoi le Crédit agricole serait une exception", indique-t-il.

"Il y aura certainement quelque chose dans ce goût là", renchérit un autre analyste basé à Londres.

"Ils (la banque) ont besoin de la permission des caisses régionales, c'est un animal qui se meut lentement mais ils ont besoin de faire quelque chose rapidement", ajoute ce dernier.

Une porte-parole de Crédit agricole n'a pas souhaité commenter ces informations.

Avec Matthieu Protard et Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot

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