Le coût du résultat à tout prix

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Le coût du résultat à tout prix
Le coût du résultat à tout prix

La phase de poules est terminée, mais on croirait que le tournoi n'a pas vraiment commencé pour les Bleus, certes invaincus, mais on croirait qu'elle n'a encore rien gagné. En raison d'une hécatombe d'absents et des choix du sélectionneur, le football français semble avoir pris le risque de jouer la victoire finale coûte que coûte, au prix d'un mois de football attentiste et calculateur. Une occasion manquée de faire sourire le football français ? Et de regarder vers l'avenir ? Et si la France avait trop besoin de gagner cet Euro pour prendre le temps de le jouer ?

Le torse bombé balle aux pieds, Adil Rami pousse le ballon une fois, deux fois, et continue à avancer. Le public français est enthousiaste, les Bleus sont enfin sous ses yeux. La tête timidement levée vers l'avant, Rami marque finalement un temps d'arrêt et se résout à tourner le dos au jeu pour choisir l'option Kanté, sur sa gauche. Au centre du terrain, l'ex-Caennais contrôle, regarde devant lui et arme son pied droit pour préparer une passe entre les lignes. Mais non, Payet est trop loin ou trop marqué, tandis que Griezmann joue son rôle de renard à l'autre bout du terrain. Sage et appliqué, Kanté la remet à Pogba, qui conserve miraculeusement la balle entre quatre pieds adverses, se retourne vers sa droite – ne voit personne – et se voit obligé de transmettre à Sagna, en retrait. Contrôle, passe, le ballon revient finalement dans les pieds de l'inévitable Adil Rami. Cette fois-ci, Kanté ne viendra plus réclamer le ballon. Koscielny l'acceptera seulement pour le lui rendre, tout comme Matuidi et Évra. Et Pogba est bien trop difficile à atteindre pour la précision de l'Andalou.


L'aveu d'échec est total, Rami n'a plus à hésiter : long ballon pour Giroud, qui se bat des épaules avec des défenseurs plus vigoureux que talentueux. Le ballon est-il conservé ? Parfois, oui. Mais le plus souvent, il est rendu. Voilà le tableau de l'utilisation du ballon par les Bleus face à la Roumanie et l'Albanie. Là, alors que les Bleus ont les atouts pour mettre en place une pression collective intense – Griezmann, Matuidi, Pogba, Kanté, Koscielny –, l'initiative est abandonnée. Les Bleus mettent en place un dispositif tactique étudié, un bloc passif mais compact, à la Lippi, le mentor. Seulement, le Stade de France et le Vélodrome ont vite troqué l'enthousiasme pour l'impatience, voire l'ennui : sans pressing, difficile d'offrir de l'intensité à son public.

Pour la joie de jouer, ou pour la joie de gagner ?


Après 85 minutes d'attente, Deschamps ramènera tout de même les trois points à la maison : exploits de Payet, Rami et Griezmann, puis encore Payet. Les gagnants peuvent-ils avoir tort ? Non, tant qu'ils continuent à gagner. Mais comme le match contre la…





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