Le coût des opérations militaires repose la question européenne

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LE COÛT DES "OPEX" REPOSE LA QUESTION EUROPÉENNE
LE COÛT DES "OPEX" REPOSE LA QUESTION EUROPÉENNE

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - La dérive du coût des opérations militaires extérieures (opex) de la France pose de nouveau la question d'une contribution européenne à ces dépenses mais Paris n'est pas dans la meilleure des positions pour remettre le sujet sur la table.

La loi de programmation militaire 2014-2019 prévoit une dotation annuelle de 450 millions d'euros pour financer le surcoût qu'entraîne l'intervention de soldats français sur différents théâtres de crise dans le monde.

Mais le projet de loi de finances rectificative présenté mercredi en conseil des ministres confirme que cette enveloppe sera dépassée de 605 millions d'euros cette année, un dépassement couvert par des crédits prélevés sur les autres ministères.

L'intervention militaire de la France en Centrafrique, la poursuite des opérations au Sahel et la participation de la France aux opérations multinationales contre l'Etat islamique en Irak expliquent ces dépenses supplémentaires.

Les gouvernements français successifs, régulièrement accusés de ne pas tenir leurs engagements de maîtrise de leurs déficits, invoquent aussi rituellement le rôle particulier de la France dans une Union européenne sans défense commune.

"L'UE ne peut pas tout attendre d'un ou deux Etats membres (...) pour assurer l'essentiel de l'engagement budgétaire et humain au bénéfice de la sécurité de tous", déclarait le 28 août François Hollande devant les ambassadeurs français.

Le chef de l'Etat français avait alors estimé qu'un "partage de l'effort" était une condition nécessaire du renforcement de la position de l'UE sur la scène internationale.

Le ministre de la Défense s'est borné mercredi à évoquer un renforcement du seul mécanisme existant de financement collectif d'opérations militaires européennes.

RISQUES

"Nous sommes tout à fait favorables à la modification du dispositif Athena qui, aujourd'hui, est largement insuffisant pour financer les opérations de l'Union européenne", a déclaré Jean-Yves Le Drian à l'Assemblée nationale.

Les ressources de ce mécanisme créé en 2004 varient de 156 millions d'euros en 2008 à 29 millions en 2012.

François Hollande avait déjà souhaité en décembre 2013 que l'intervention française en Centrafrique en bénéficie et appelé de ses voeux une révision des mécanismes de financement de l'UE.

Mais demander une participation financière européenne aux interventions militaires extérieures françaises n'est pas sans risque, dit-on au ministère de la Défense.

Cela pourrait "dédouaner en partie l'ensemble des pays européens de leur devoir en matière de sécurité", fait-on valoir de même source. "Donc ce n'est pas forcément la martingale."

"Ce n'est pas le sujet du moment. Aujourd'hui notre sujet c'est d'encourager les Européens à intervenir sur des théâtres extérieurs, à concevoir des programmes d'armement ensemble."

Pour le député socialiste Dominique Lefebvre, vice-président de la commission des finances de l'Assemblée, ce serait en tout cas faire "fausse route" que de lier cette question à celle des déficits publics français, qui restent supérieurs à 3% du PIB.

"Si c'était considéré une nouvelle fois comme une manière pour la France de laisser dériver sa dépense publique, je pense qu'on se verrait envoyer promener", a-t-il dit à Reuters.

Quant à l'idée de "sortir" une partie au moins des dépenses de défense de la France de ses déficits, elle se heurterait à un refus catégorique de l'UE, estime-t-il. "Le dossier est plié."

(Edité par Yves Clarisse)

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  • M8252219 le mercredi 12 nov 2014 à 18:02

    88 milliards de déficit en 2014 et pas une réforme structurelle pour le réduire.Réduire de moitié le nombre des parlementaires, plafonner et fiscaliser tous leurs revenus,indemnités et avantages comme tous citoyens.Suppression du sénat.suppression des régimes et statuts spéciaux,la retraite à 65 ans pour tous,la semaine de 39 heures pour tous et 39 heures effectives de travail pas que de présence.3 jours de délai de carence en arrêt maladie et pour tous.

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