Le coût de l'emprunt espagnol baisse mais reste très élevé

le
0
UN COÛT D'EMPRUNT TOUJOURS TRÈS ÉLEVÉ POUR L'ESPAGNE
UN COÛT D'EMPRUNT TOUJOURS TRÈS ÉLEVÉ POUR L'ESPAGNE

MADRID (Reuters) - Les coûts d'emprunt de l'Etat espagnol ont baissé mardi à l'occasion de la première adjudication de dette à court terme réalisée par Madrid depuis l'annonce de nouvelles mesures d'austérité, mais ils restent bien trop élevés pour être soutenables à terme.

Le gouvernement espagnol a présenté la semaine dernière un vaste plan d'augmentation des prélèvements obligatoires et de diminution des dépenses publiques destiné à réduire le déficit de l'Etat de 65 milliards d'euros en deux ans et demi.

Mais les intervenants de marché, qui doutent de la capacité du pays à éviter un plan de sauvetage global au-delà de l'aide promise aux banques espagnoles en difficulté, continuent à demander des taux très élevés, le rendement de l'obligation à 10 ans restant proche du seuil de 7%.

Ce mardi, Madrid a adjugé pour 3,56 milliards d'euros de bons à 12 et 18 mois, un peu plus qu'espéré, le Trésor ayant initialement prévu de lever entre 2,5 et 3,5 milliards d'euros.

Le Trésor espagnol a ainsi pu émettre 2,6 milliards d'euros de bons à 12 mois avec un rendement moyen de 3,918%, contre 5,074% le mois dernier, alors à son plus haut niveau en 15 ans. Le ratio de couverture est resté le même, à 2,2.

PROCHAINE ADJUDICATION JEUDI

Madrid a également placé 962 millions d'euros de papier à 18 mois à un rendement moyen de 4,242% (contre 5,107%) et un ratio de couverture en baisse à 3,7 (contre 4,4 le mois dernier).

"Les rendements ont baissé de près d'un point de pourcentage ; il ne faut pas faire la grimace et il y de la marge pour de nouvelles baisses mais il nous faut des détails concernant le plan de sauvetage des banques", explique Orlando Green, stratégiste chez Crédit Agricole.

Les ministres des Finances de la zone euro doivent débattre des modalités de l'aide aux banques espagnoles lors d'une téléconférence prévue vendredi à 10h00 GMT, a précisé mardi une porte-parole du président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

De son côté, le ministre de l'Economie espagnol a déclaré que les marchés de la dette en Europe ne fonctionnaient pas bien et que les investisseurs hors de la zone euro n'avaient pas confiance.

"Il n'y a pas de transactions (sur la dette) entre pays de l'union monétaire et la seule demande quasiment pour la dette italienne vient des Italiens", selon des propos de Luis de Guindos cités dans le quotidien espagnol La Vanguardia.

"Il se passe la même chose en France et en Espagne", a-t-il ajouté.

Le prochain test pour Madrid aura lieu jeudi avec l'adjudication de jusqu'à trois milliards d'euros d'obligations à moyen terme, à deux, cinq et sept ans. Les analystes s'attendent à ce que l'adjudication se passe bien mais une fois encore, les coûts d'emprunts devraient rester très élevés.

Nigel Davis, Natalie Huet et Juliette Rouillon pour le service français, édité par édité par Marc Angrand

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux