Le coup d'arrêt de la mondialisation pèse sur la croissance-OCDE

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    * La croissance mondiale au plus bas depuis la crise 
financière 
    * Un ralentissement du commerce aux conséquences fâcheuses 
    * Croissance US revue en baisse, mais la Fed doit relever 
ses taux 
 
    par Leigh Thomas 
    PARIS, 21 septembre (Reuters) - La croissance de l'économie 
mondiale tombera cette année et l'an prochain à ses plus bas 
niveaux depuis la crise financière, victime d'un coup d'arrêt de 
la mondialisation, estime l'Organisation de coopération et 
développement économiques. 
    Le commerce, son principal moteur des deux dernières 
décennies, a vu sa croissance amputée de moitié depuis 2008 et 
restera à la traîne de l'activité cette année, prévoit l'OCDE 
dans ses perspectives économiques mondiales actualisées publiées 
mercredi. 
    "On est bien en dessous des normes passées et cela signifie 
que la mondialisation, mesurée par le niveau des échanges, a 
peut-être calé", soulignent les économistes de l'organisation. 
    L'OCDE ne table plus que sur une croissance mondiale de 2,9% 
cette année, contre 3,0% dans des précédentes prévisions 
publiées avant l'été, soit le rythme le plus faible depuis la 
crise de 2008-2009. 
    Elle voit des facteurs à la fois conjoncturels et 
structurels derrière ce ralentissement. 
    "Après la crise, les chaînes de valeur mondiale se sont 
détendues et le commerce chinois et asiatique a ralenti, les 
deux phénomènes étant peut-être liés", note-t-elle. 
    "Ces changements structurels ont été aggravés par une faible 
demande due à une croissance anémique de l'investissement 
international et du commerce intra-européen". 
    La montée des oppositions à la libéralisation du commerce et 
les récessions en cours chez de grands pays producteurs de 
matières premières contribuent aussi à ce ralentissement des 
échanges qui, s'il perdure, "aura des conséquences fâcheuses 
pour la croissance de la productivité et du niveau de vie", 
avertit l'OCDE. 
    "Si on pouvait retrouver le rythme de croissance des 
échanges des années 1990 et 2000, on reviendrait aux niveaux de 
croissance de productivité d'avant-crise", a déclaré à Reuters 
Catherine Mann, chef économiste de l'OCDE.   
    "La productivité a chuté depuis de moitié", ajoute-t-elle, 
soulignant que, avec cette situation, les gouvernements ne 
pourront plus tenir les promesses faites à leurs citoyens, 
notamment en matière d'emploi. 
    Dans ce contexte, on assiste actuellement dans plusieurs 
grands pays à une montée des sentiments anti-mondialisation, 
souvent exacerbés par l'approche d'échéances électorales. 
     
    IMPACT MOINS FORT QUE PRÉVU DU BREXIT 
    Le candidat républicain à la présidentielle américaine, 
Donald Trump, affiche ainsi sa volonté de revenir sur des 
accords de libre-échange alors que des dizaines de milliers de 
personnes ont manifesté le week-end dernier en Europe, notamment 
en Allemagne, contre le projet de traité transatlantique. 
    Pour Catherine Mann, il est plus facile pour les électeurs 
de voir les inconvénients du développement des échanges, sous 
forme de pertes d'emplois, que ses avantages, des prix bas et un 
plus grand choix pour les biens de consommation. 
    Mais la croissance de l'économie mondiale entrevue pour l'an 
prochain, que l'OCDE a ramenée à 3,2% (contre 3,3% auparavant), 
sera insuffisante pour générer les emplois que les jeunes 
attendent et le maintien des niveaux de retraites promis aux 
plus âgés, estime l'économiste. 
    "Ce n'est pas un tableau de la croissance mondiale 
rassurant. Un taux de 3%, ce n'est pas assez pour tenir les 
promesses faites aux citoyens", dit-elle encore. 
   Pays par pays, l'OCDE revoit en nette baisse ses attentes 
pour les Etats-Unis cette année, avec une croissance de 1,4% 
contre 1,8% encore prévu en juin. 
    Mais elle estime que la Réserve fédérale ne doit pas pour 
autant renoncer au relèvement de ses taux, afin que les prix des 
actifs ne continuent pas à évoluer en déconnexion avec 
l'économie réelle, au risque de créer des bulles financières. 
    Pour l'an prochain, l'organisation anticipe une croissance 
américaine accélérant à 2,1% (2,2% précédemment). 
    S'agissant de la Grande-Bretagne, elle pense que l'impact du 
"Brexit" sur l'économie sera moins fort qu'estimé initialement, 
au moins à court terme. Elle revoit ainsi en légère hausse à 
1,8% (contre 1,7%) sa prévision pour 2016 mais ampute d'un point 
entier celle pour 2017, à 1,0%. 
    Elle change peu ses chiffres pour la zone euro cette année 
(-0,1 point à 1,5%) mais est bien moins optimiste pour l'an 
prochain (-0,3 point à 1,4%). 
    L'OCDE abaisse ses prévisions pour la France à 1,3% pour 
cette année (-0,1 point) comme pour l'an prochain (-0,2 point), 
alors que le gouvernement vient de confirmer son scénario de 
croissance de 1,5% pour le projet de loi de finances 2017 
 .     
     
    Voir le tableau des prévisions de l'OCDE   
     
    Les perspectives de l'OCDE : http://bit.ly/2dagcyW 
 
 (avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse) 
 
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