Le convoi russe entre en Ukraine, Kiev dénonce une "invasion"

le
1

par Dmitri Madorski POSTE-FRONTIERE DE DONETSK-IZVARINO, 22 août (Reuters) - L 'Ukraine a estimé vendredi que l'entrée de camions russes sur son territoire constituait une "invasion directe" de la part de la Russie mais a annoncé qu'elle n'aurait pas recours à la force. Le convoi humanitaire russe était bloqué depuis une semaine à la frontière. Il s'est mis en mouvement vendredi matin, franchissant le poste-frontière du côté ukrainien. "Nous considérons cela comme une invasion directe de l'Ukraine par la Russie", a condamné le chef du service ukrainien de la sécurité d'Etat (SBU), Valentin Nalivaïtchenko, dans une déclaration à la presse. Mais l'Ukraine, a-t-il ajouté, va se mettre en liaison avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour ne pas tomber dans des "provocations" ou être accusée "de retenir les véhicules formant ce prétendu convoi humanitaire ou d'utiliser la force contre eux". A un journaliste lui demandant si l'Ukraine allait mener par exemple des frappes aériennes contre le convoi, le patron du SBU a répondu: "Contre eux, non." D'après les autorités ukrainiennes, les camions ont franchi la frontière sans autorisation. "Ils sont entrés en Ukraine sans permis ni participation de la Croix-Rouge internationale ou des gardes-frontières ukrainiens", a déclaré le porte-parole de l'armée Andriy Lisenko. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dont une équipe devait les accompagner, a confirmé de son côté qu'il avait renoncé à les escorter. "Le convoi d'aide humanitaire russe entre en Ukraine, mais nous ne l'escortons pas en raison d'une situation instable sur le plan de la sécurité", a déclaré le CICR sur Twitter. A Moscou, le ministère russe des Affaires étrangères, qui a annoncé en début de matinée que le convoi s'était mis en route, a mis en garde contre toute initiative visant à perturber sa progression vers la ville de Louhansk. Tous les "prétextes" invoqués par le gouvernement de Kiev pour bloquer son passage ont été écartés, a ajouté le ministère. Louhansk, un des deux derniers bastions des séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine, est distante d'environ 70 km du poste-frontière de Donetsk-Izvarino par lequel transitent les quelque 260 camions russes formant le convoi. Le gouvernement ukrainien et ses alliés occidentaux redoutent que ce convoi humanitaire, parti de Moscou le 12 août, ne serve de couverture à des livraisons d'équipements militaires à destination des séparatistes. Les séparatistes pro-russes sont retranchés dans leurs deux derniers bastions, Louhansk et, un peu plus loin de la frontière, Donetsk (sans rapport avec le poste-frontière du même nom). (avec Richard Balmforth et Natalia Zinets à Kiev; Henri-Pierre André et Agathe Machecourt pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • v.sasoon le vendredi 22 aout 2014 à 16:20

    Il vont soigner les gens que kiev tue avec l 'accord de l 'europe, quelle honte.