Le convoi bombardé près d'Alep, d'abord suivi par des drones-Témoins

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    par Ellen Francis et Lisa Barrington 
    BEYROUTH, 20 septembre (Reuters) - Le convoi humanitaire des 
Nations unies bombardé lundi près d'Alep, dans le nord de la 
Syrie, avait été survolé au cours des heures précédentes par des 
avions de reconnaissance, rapportent des témoins.  
    Ces vols de reconnaissance, disent les rebelles et le 
personnel humanitaire, démontrent le caractère délibéré des 
frappes mais aussi l'implication des forces russes et syriennes, 
qui nient toute implication.  
    Les raids, menés peu après que Damas eut proclamé la fin de 
la trêve négociée par Moscou et Washington entrée en vigueur une 
semaine plus tôt, ont fait au moins 20 morts et soulevé une 
vague d'indignation. Dix-huit des 31 camions du convoi qui se 
rendait à Ourm al Koubra, 14 km à l'ouest d'Alep, ont été 
détruits par les bombardements que l'Observatoire syrien des 
droits de l'homme (OSDH) impute à l'aviation russe ou syrienne.  
    "Nous avons d'abord pensé que quelque chose allait se 
produire parce qu'il y avait quatre ou cinq avions dans le 
secteur, mais ils n'ont pas ouvert le feu tout de suite", a 
raconté Abou Chahoud, un militant de l'opposition qui a assisté 
au bombardement.  
    Selon Hussein Badaoui, chef de l'antenne locale de la 
Protection civile qui se trouvait à 100 mètres du dépôt du 
Croissant rouge arabe syrien où l'aide devait être stockée 
lorsque les raids ont débuté et qui a été blessé à une main, les 
frappes ont été continues et ont fait un carnage parmi les 
membres du personnel humanitaire qui déchargeaient les camions.  
    "Il y avait des incendies, des martyrs, des blessés... Nous 
avons pu extraire quatre rescapés et cinq corps au début (...) 
Les bombardements étaient incessants, incessants. Les secours ne 
pouvaient pas intervenir. Ceux qui arrivaient en ambulance ne 
pouvaient approcher. 
     
    UNE ZONE "PLEINE DE CIVILS" 
    "C'est un secteur qui n'aurait pas dû être bombardé. Il 
appartient à une organisation humanitaire internationale (...) 
Cette zone est pleine de civils. C'est résidentiel", a-t-il 
souligné.  
    Selon Moscou, seuls les rebelles connaissaient la position 
du convoi. Les Nations unies disent quant à elles avoir informé 
toutes les parties de son itinéraire et assurent que les camions 
étaient clairement identifiables.  
    Les avions de reconnaissance les ont survolé dès leur départ 
d'Alep, dans la matinée, a expliqué un membre de l'opposition 
armée qui faisait partie de l'escorte, ajoutant que des rebelles 
leur avaient tiré dessus en vain. Le convoi chargé de farine, de 
vêtements d'hiver, de couvertures, de matériel éducatif et de 
nourriture pour 78.000 personnes est arrivé à destination en fin 
de matinée. L'équipe du Croissant rouge d'Alep a alors passé le 
relais à celle d'Ourm al Koubra pour le déchargement.  
    Des drones ont à nouveau survolé le secteur vers 18h30, 
d'après Hussein Badaoui, et les raids ont débuté peu après 
19h00. On ignore si ce sont des avions ou des hélicoptères qui 
ont ouvert le feu en premier. Les avis divergent également sur 
le nombre de frappes et le type d'armes utilisées.  
    Plusieurs membres de l'insurrection et du personnel 
humanitaire affirment toutefois que des missiles très précis, 
sans doute tirés par des avions russes, se sont abattus alors 
que des hélicoptères, supposés être syriens, tiraient à la 
mitrailleuse et larguaient des barils d'explosif.  
    Des militants de l'opposition notent en outre que la chaîne 
de télévision RT, financée par la Russie, a relayé lundi des 
images tournées en continu dans le cadre de la surveillance du 
cessez-le-feu et provenant du site internet du ministère russe 
de la Défense, montrant notamment le dépôt humanitaire d'Ourm al 
Koubra. La retransmission a ensuite été interrompue et l'agence 
de presse russe Interfax a fait savoir que la caméra avait été 
endommagée par les rebelles.    
 
 (Avec Tom Perry à Beyrouth, Stephany Nebehay à Genève et Maria 
Kiselyova à Moscou,; Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
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  • delapor4 il y a 7 mois

    Ca pue le false-flag US.

  • M9425023 il y a 7 mois

    Oh là là, c'est vraiment pas de chance, la caméra qui aurait pu donner des informations incontestables sur l'identité des assaillants des convois humanitaires a été détruite par les rebelles. Juste la caméra, pas les avions ni les opérateurs, non, juste la caméra pour embêter Poutine.