Le contrat en Inde pour le Rafale ne sera pas signé avant avril

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REPORT DU CONTRAT DU RAFALE EN INDE
REPORT DU CONTRAT DU RAFALE EN INDE

NEW DELHI/PARIS (Reuters) - Le ministre indien de la Défense a déclaré jeudi que le contrat portant sur au moins 126 Rafale ne pourrait être signé qu'au cours du prochain exercice budgétaire, qui démarre en avril, plus de deux ans après l'ouverture de négociations exclusives avec Dassault Aviation.

L'avionneur tricolore, qui n'a jamais exporté le Rafale depuis son lancement en 1989, négocie depuis janvier 2012 ce méga-contrat estimé à 15 milliards de dollars (11,1 milliards d'euros) et comportant une option pouvant porter la commande à 189 unités.

L'Inde entre en outre dans une période électorale, avec des élections législatives attendues d'ici mai.

"De gros contrats d'équipement ne sont possibles qu'au cours du prochain exercice budgétaire", a dit le ministre indien A.K. Antony lors d'un salon de défense, soulignant que l'armée avait déjà dépensé 92% de son budget d'équipement pour l'exercice clos fin mars.

L'Inde, confrontée aux tensions récurrentes avec le Pakistan et à la montée en puissance de la Chine, avait démarré les négociations avec Dassault Aviation sur une hypothèse d'entrée en service du Rafale en 2018, au moment où une partie de ses chasseurs, des Mig russes, seront devenus obsolètes.

Dassault Aviation estime à environ trois ans le délai nécessaire pour produire ses Rafale, ce qui signifie que le contrat devrait être signé au plus tard en 2015 pour que les délais puissent être respectés.

L'avionneur, dont le PDG Eric Trappier s'était dit en décembre "assez confiant" sur la signature du contrat dans quelques mois, n'a pas fait de commentaire jeudi.

Pour Christophe Ménard, analyste chez Kepler Cheuvreux, la déclaration du ministre indien de la Défense démontre son engagement vis-à-vis du Rafale.

"Nous sommes ainsi confiants concernant la signature d'un accord d'ici fin 2014 ou début 2015", écrit-il dans une note. "En outre, les processus de décision tendent à être longs en Inde. Un délai de deux à trois ans entre la sélection exclusive et la signature du contrat n'a donc rien d'inhabituel".

CONCLUSION DES DISCUSSIONS ESPÉRÉE D'ICI FIN MARS

Dassault Aviation a engrangé le contrat de modernisation des Mirage 2000 de l'armée de l'air indienne en 2011, au bout de trois ans de négociations.

L'avionneur espère toujours boucler d'ici la fin mars les discussions avec ses partenaires indiens sur les licences concernant différents aspects de la production des Rafale.

Selon les termes du contrat en discussion, Dassault Aviation doit produire les 18 premiers avions en France. Les Rafale seront ensuite assemblés en Inde, dans un premier temps à partir d'équipements majoritairement fabriqués par Dassault Aviation et ses sous-traitants, avant que ces derniers passent progressivement le relais aux industriels indiens réunis autour de HAL.

Les discussions concernent notamment le partage des responsabilités, Dassault Aviation ne voulant garantir que ce qu'il produit directement.

L'obtention d'un contrat à l'export est particulièrement cruciale pour le gouvernement Hollande, qui a basé le budget de défense pour 2014-2019 sur au moins deux commandes à l'étranger du Rafale.

Après l'échec au Brésil en décembre, les espoirs se portent désormais sur le Qatar, où la France espère vendre au moins 36 Rafale, tandis que les Emirats arabes unis et la Malaisie figurent également parmi les prospects de Dassault Aviation.

L'action Dassault Aviation, dont le flottant ne représente que 3% du capital, réagit peu aux déclarations du ministre indien, cédant 0,5% à 990 euros vers 11h05.

Thales, dont Dassault Aviation est le premier actionnaire industriel et qui assure près d'un quart de la valeur du Rafale qu'il équipe en radars, équipements de communications et calculateurs, gagne, lui, 2,01%.

Sanjeev Miglani et Cyril Altmeyer, édité par Marc Angrand

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  • ANOSRA le jeudi 6 fév 2014 à 12:34

    Pas avant...on s'en moque, c'est pas après...qui serait une vraie nouvelle! En espérant que notre Président normal n'aille plus en Inde, car la dernière fois qu'il est allé au Brésil on sait comment cela c'est terminé...plus de contrat !!!