Le contentieux Chine-Japon s'étend au cyclisme

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LE CONFLIT ENTRE LA CHINE ET TOKYO MENACE LE TOUR DE PÉKIN
LE CONFLIT ENTRE LA CHINE ET TOKYO MENACE LE TOUR DE PÉKIN

par Gilles Le Roc'h

VALKENBURG, Pays-Bas (Reuters) - Le Tour de Pékin, symbole de la mondialisation du cyclisme et de son ouverture à la Chine que promeut l'UCI, semble menacé par le contentieux qui oppose la Chine au Japon sur les îles Senkaku-Diaoyu.

Sur fond de manifestations violentes qui ont conduit l'ambassade du Japon à Pékin et des centaines d'entreprises nippones à suspendre leurs activités en Chine, Pékin a expulsé, lundi, les coureurs de l'équipe Aisan, journalistes et photographes sur le Tour de Chine.

Cette mesure fait craindre que le Tour de Pékin ne soit remis en cause même si les responsables de l'UCI réunis à Valkenburg, aux Pays-Bas, où se déroulent les championnats du monde sur route, refusent de dramatiser la situation.

"Je n'ai pas entendu de message en ce sens", a déclaré à l'agence Reuters Pat McQuaid, président de l'UCI.

"Il est vrai que les Japonais ont dû quitter le Tour de Chine. Si tel devait être le cas à Pékin, il ne s'agirait que du partenaire Shimano, un équipementier."

Alain Rumpf, directeur du Global Cycling Promotion de l'UCI, a expliqué à Reuters que "ce qui importe, c'est la sécurité de tous."

"Il est vrai que la situation peut devenir préoccupante", a-t-il reconnu. "Pour le moment, il nous est dit que les intérêts japonais en Chine peuvent être menacés."

CAMOUFLET

Avant même le début de la crise autour de l'archipel de mer de Chine orientale que se disputent les deux pays, les autorités chinoises avaient annulé en août le Tour du Hangzhou, nouvelle épreuve du World Tour prévue en octobre.

Cet épisode avait été ressenti comme un camouflet imposé à l'UCI car Pat McQuaid avait inscrit l'épreuve au calendrier aux forceps et obligé toutes les équipes du World Tour à y participer pour finalement annoncer son annulation d'un communiqué lapidaire.

Les autorités chinoises tentent en outre d'imposer des règles drastiques aux organisateurs du Tour de Pékin, autre épreuve du World Tour dont la première édition a eu lieu l'an dernier.

L'UCI a déjà dû composer avec le calendrier chinois et fixer la course entre le 9 et 13 octobre afin de laisser libre le 14 octobre, jour de l'élection du Premier secrétaire du Parti communiste chinois.

Nul ne peut savoir ce qui va se passer dans les trois semaines à venir mais si le déroulement du Tour de Pékin devait être remis en cause ou même contrarié, le coup serait rude pour l'UCI qui fait de la mondialisation du cyclisme un axe prioritaire, d'un point de vue financier notamment.

Edité par Jean-Paul Couret

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