Le consensus pour une collectivité unique s'effrite en Alsace

le
2
VERS UN RÉFÉRENDUM EN ALSACE SUR LA FUSION DE LA RÉGION ET DES DEUX DÉPARTEMENTS
VERS UN RÉFÉRENDUM EN ALSACE SUR LA FUSION DE LA RÉGION ET DES DEUX DÉPARTEMENTS

STRASBOURG (Reuters) - L'organisation d'un référendum en Alsace sur la fusion de la région et des deux départements a été approuvée vendredi par les trois assemblées, mais les socialistes strasbourgeois et le Front national y sont désormais opposés.

Le scrutin, qui a obtenu le feu vert de l'Etat, aura lieu le 7 avril. Cent-deux conseillers généraux et régionaux, sur 122, se sont dits favorables à la création d'une collectivité unique.

Même si l'approbation est massive, c'est la fin du quasi-consensus qui prévalait depuis un an autour de ce projet soutenu par l'UMP, qui gouverne les trois conseils et par les écologistes.

Le Front national, comme les socialistes strasbourgeois, qui optaient majoritairement, lors d'un vote organisé il y a un an, pour une "abstention constructive", affirment désormais leur opposition au projet de Conseil d'Alsace.

Le FN a obtenu 14,57% des voix au second tour des élections régionales en 2010 tandis que les socialistes dirigent une agglomération qui représente le quart de la population alsacienne, près de la moitié de celle du Bas-Rhin.

Pour l'emporter, le "oui" doit obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés et représenter au moins le quart des inscrits dans chacun des départements, selon la loi de décentralisation de 2010, qui prévoit cette consultation.

La collectivité unique, "c'est plus de lisibilité pour plus de transparence, plus d'efficacité pour plus d'économies, c'est renforcer la décentralisation pour une Alsace plus forte", a plaidé Philippe Richert, président UMP du Conseil régional.

"Votre projet, c'est la multiplication des structures et la dispersion", lui a rétorqué Anne-Pernelle Richardot, conseillère régionale PS et adjointe au maire de Strasbourg.

"MILLE-FEUILLE"

"Pour préserver quelques baronnies, vous avez recréé le mille-feuille administratif mais au sein d'une même collectivité", a-t-elle ajouté.

Cible de la conseillère d'opposition, le projet d'organisation de la future collectivité telle qu'il figure dans un document annexé à la question du référendum.

Pour vaincre les réticences de certains élus locaux, notamment haut-rhinois, qui craignaient une perte d'autonomie pour leur territoire, il prévoit le maintien de deux conférences départementales "sans personnalité juridique".

De même, si le siège de la future collectivité est officiellement fixé à Strasbourg, la capitale européenne n'accueillerait que l'assemblée délibérante, l'exécutif du Conseil d'Alsace siégeant à Colmar.

C'est un casus belli pour les édiles strasbourgeois, déjà échaudés par le cas du Parlement européen, officiellement établi dans leurs murs mais dont ils voient de moins en moins les eurodéputés.

Patrick Binder, leader du Front national, a pour sa part qualifié de "géniale" l'idée d'une fusion des collectivités tout en jugeant le projet inachevé et en réclamant un audit préalable des bénéfices qu'il pourrait engendrer.

Philippe Richert a renvoyé ses détracteurs au verdict des urnes. "Acceptez de dire que vous refusez de faire ce Conseil d'Alsace que tout le monde réclame", a-t-il répondu.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • erem le vendredi 25 jan 2013 à 16:03

    La classe politique démontre, une fois de plus, que les petits intérêts de parti ou de personnes dominent .... J'espère que la Vox populi balayera ces minuscules obstacles.Rigolo: le ps local qui défend son bout de gras : Strasbourg ou rien, et le FN, toujours prompt à dénoncer les "tous pourris" qui s'enfonce tout seul en prenant position contre la volonté populaire. Si ce référendum devait capoter, la classe politique locale ne s'en remettrait pas ....

  • gustav10 le vendredi 25 jan 2013 à 15:59

    Et les intérêts individuels partisans vont donc primer sur l’intérêt général. Vive la fausse démocratie et les élus obnubilés par leur égo. L'avenir sera donc la dégénérescence et finira dans le totalitarisme et les querelles de clochers, puis de mosquées ! Merci à tous les élus.