Le conseil régional déménage à Saint-Ouen pour ses loyers modérés

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Le conseil régional d’Ile-de-France vient d’annoncer que c’est à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, que seront rassemblés ses 2000 agents. Une mesure qui permettra d’économiser 9,2 millions d’euros de loyer par an.

Promesse de campagne de Valérie Pécresse, le conseil régional d’Ile-de-France va quitter Paris pour s’installer à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), un choix symbolique pour «aller à la rencontre de tous les Franciliens» et «faire des économies», mais qui ne fait pas l’unanimité. Six mois après son arrivée à la tête de la Région, Valérie Pécresse a annoncé vendredi, aux syndicats, aux élus et à la presse, le choix du site qu’elle a retenu: deux bâtiments d’un total de 56.815 m², à Saint-Ouen, au nord de Paris, pour un loyer annuel de 21,2 millions d’euros (déménagement compris).

L’objectif: regrouper les 11 sites actuels de la région et les 2.000 agents au même endroit, pour faire des économies. La région est actuellement propriétaire de 7 immeubles (33.000 m²) dans le VIIe arrondissement, et loue 50.000 m² de locaux dans Paris, pour plus de 30 millions d’euros par an, a expliqué Mme Pécresse.

Avec un loyer de 240 euros par m² à Saint-Ouen (contre 400 à Paris), le gain annuel d’économie s’élève à 9,2 millions, a expliqué le cabinet Colliers, qui accompagne la région dans son déménagement. La région a une option d’achat pour, à terme, acheter les nouveaux locaux, une fois vendus ses bâtiments actuels.

Déménagement en deux temps

Le déménagement se fera en deux temps: une première partie (les services et la présidence), dès janvier 2018, dans le premier bâtiment. La suite du déménagement (les élus) aura lieu en janvier 2019, dans le deuxième bâtiment, à bâtir, qui contiendra l’hémicycle. Dans un courrier aux agents, Mme Pécresse explique que «le site de Saint-Ouen réunit le plus d’atouts: proximité des transports en commun, en particulier de la future gare du Grand Paris, tissu économique et culturel dynamique, sécurité de l’environnement, projet architectural». «Ce déménagement, c’est aussi un symbole. Passer de l’autre côté du périphérique, c’est aller à la rencontre de tous les Franciliens, c’est être ouvert à tous», a-t-elle dit à la presse.

La décision de déménager au-delà du périphérique avait été adoptée dès la première séance du conseil régional qui a suivi son élection, en janvier. En mars, 37 sites avaient été présélectionnés, avant d’aboutir à un choix de six puis trois sites finalistes (Saint-Ouen et Saint-Denis en Seine-Saint-Denis, et Ivry dans le Val-de-Marne), après concertations des syndicats.

Décision brutale?

«En six mois, Valérie Pécresse réalise ce que la précédente majorité de gauche n’a jamais réussi: déménager le siège de la région au-delà du périphérique», ont salué dans un communiqué les élus de la majorité (LR-MoDem-UDI). Le PS s’est de son côté dit «consterné par la brutalité de cette prise de décision. Elle aurait pu prendre le temps de la concertation avec les élus», a déploré Nadège Azziz, au nom du groupe. «Il faut que les Français se réhabituent à l’idée que présider c’est décider. J’assume d’avoir choisi ce site, mais c’était le site le mieux noté», a répondu Mme Pécresse à propos de Saint-Ouen.

Le Front de Gauche a aussi déploré le «fait du prince», et estimé que «les réflexes partisans semblent avoir guidés ce choix», puisque Mme Pécresse a choisi une commune, longtemps bastion de la gauche, qui a basculé à droite lors des dernières élections municipales en mars 2014. «Il s’agit d’une décision qui a été prise sans débat en séance plénière», a regretté Eddie Aït, (Radicaux de gauche). Il dit n’avoir «pas d’objection» sur le site, «sous réserve que les demandes des agents soient prises en compte».

Pour le FN, le site retenu est «le moins accessible», «le moins pertinent en termes de visibilité architecturale, enclavé dans le cœur de ville», et «le moins sain pour les agents, à quelques centaines de mètres d’un incinérateur de déchets». La CGT avait déjà émis des réserves sur ce dernier point. «Les études prouvent que la qualité de l’air est meilleure que dans le VIIe arrondissement», a assuré le cabinet Colliers. Les écologistes ont déploré «une acceptation au rabais, au détriment des conditions de travail des agents qui dénoncent notamment les open-space favorisant le gain d’espace».

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