Le Conseil présidentiel libyen est à Tripoli

le , mis à jour à 19:13
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 (Actualisé avec communiqué du Quai d'Orsay) 
    par Hani Amara 
    TRIPOLI, 30 mars (Reuters) - Sept des neuf membres du 
Conseil présidentiel libyen, soutenu par les Nations unies, sont 
arrivés mercredi par la mer à Tripoli en provenance de Tunisie, 
malgré l'opposition des autorités sur place. 
    Ils sont conduits par Fayez Seraj, chef du Conseil 
présidentiel et Premier ministre du gouvernement d'union 
nationale formé avec l'appui de l'Onu à l'issue de longues 
négociations qui ont abouti en décembre dernier. 
    L'installation de ce gouvernement rencontre de fortes 
oppositions dans le pays.   
    Le groupe, a déclaré Fayez Seraj à Reuters, a quitté le port 
tunisien de Sfax à bord d'un navire de la marine libyenne et a 
gagné au bout de douze heures la base navale d'Abousita, non 
loin du centre de Tripoli, au milieu d'importantes mesures de 
sécurité. 
    "Nous avons bien des défis à relever, notamment la nécessité 
d'unir tous les Libyens et de surmonter les divisions", a-t-il 
dit peu après son arrivée. "Les jeunes doivent pouvoir croire en 
l'avenir de la Libye." 
    Le gouvernement formé à Tripoli en 2014, qui n'a jamais été 
reconnu par la communauté internationale, et les groupes armés 
qui le soutiennent avaient demandé ces derniers jours au 
gouvernement d'union de ne pas chercher à gagner la capitale.    
    Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc 
Ayrault salue dans un communiqué cette "décision courageuse" de 
gagner Tripoli et indique que "le gouvernement d'unité nationale 
libyen peut compter sur le soutien total de la France pour faire 
face aux défis auxquels la Libye est confrontée, au premier rang 
desquels l'urgente nécessité de mettre un terme à la progression 
de Daech."        
    Dimanche et lundi, l'espace aérien avait été fermé pendant 
plusieurs heures dans la région de Tripoli, apparemment pour 
empêcher le Conseil présidentiel de venir par avion dans la 
capitale, où on été signalés ces derniers jours des 
affrontements sporadiques. 
     
    FORTES OPPOSITIONS 
    Aux premières heures de mercredi, de fortes explosions et 
des fusillades nourries ont été entendues dans la ville. 
    Avant de se rendre à Tripoli, le Conseil présidentiel a 
annoncé avoir négocié avec les forces déployées dans la capitale 
un plan en vue d'y rétablir l'ordre. 
    Depuis 2014, la Libye a deux gouvernements et deux 
parlements rivaux, basés l'un à Tripoli, le Congrès général 
national (CGN), l'autre dans l'est du pays, la Chambre des 
représentants. 
    Fathi al-Mrimi, un porte-parole de la Chambre des 
représentants qui siège à Tobrouk, a jugé "prématurée" la venue 
du Conseil présidentiel à Tripoli. "Ils sont entrés par force et 
sous la protection de l'étranger mais les Libyens n'accepteront 
jamais un pouvoir imposé par la force", a-t-il dit à Reuters. 
    L'envoyé spécial des Nations unies pour la Libye, Martin 
Kobler, qui n'avait pu le week-end dernier se rendre à Tripoli, 
s'est réjoui de l'arrivée du Conseil présidentiel dans la 
capitale, ajoutant que la communauté internationale était "prête 
à lui fournir toute l'aide nécessaire".     
    A la mi-mars, le Conseil présidentiel a invité les 
institutions libyennes à lancer le processus de transfert du 
pouvoir au nouveau gouvernement d'union, qui compte 18 membres, 
et a demandé à la communauté internationale de ne plus traiter 
qu'avec ce gouvernement.   
    Les Occidentaux espèrent qu'un gouvernement d'union 
permettra d'endiguer la menace djihadiste posée par l'Etat 
islamique (EI), qui a profité du vide politique pour prendre 
pied en Libye, s'emparant notamment de la ville de Syrte, 
l'ancien bastion de Mouammar Kadhafi. 
 
 (Avec Ayman al-Warfalli à Benghazi; Guy Kerivel pour le service 
français) 
 
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