Le Conseil européen cherche une réponse à la crise migratoire

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    par Gabriela Baczynska 
    BRUXELLES, 18 février (Reuters) - Les chefs d'Etat et de 
gouvernement de l'Union européenne vont une nouvelle fois se 
pencher sur la crise migratoire jeudi soir et tenter de 
déterminer si la stratégie de coopération avec la Turquie 
soutenue par l'Allemagne suffira à ralentir l'afflux de réfugiés 
ou s'il faut activer un "plan B" prévoyant la fermeture des 
frontières dans les Balkans. 
    L'accord conclu en fin d'année dernière avec Ankara n'ayant 
jusqu'à présent pas produit d'effet spectaculaire, quatre pays 
d'Europe centrale (Pologne, Hongrie, Slovaquie et République 
tchèque) suggèrent d'ériger une clôture tout autour de la Grèce 
pour empêcher les migrants qui y débarquent de poursuivre leur 
route vers la Macédoine ou la Bulgarie. 
    L'arrivée massive de réfugiés originaires du Proche-Orient, 
notamment de Syrie, et d'Afrique divise profondément l'Union 
européenne, dont de nombreux membres ont ignoré les appels 
répétés de Bruxelles et Berlin, qui en a accueilli l'immense 
majorité, à partager plus équitablement le "fardeau". 
    Selon un diplomate européen, la pression en faveur d'une 
fermeture des frontières est de plus en plus forte. L'Autriche a 
par exemple annoncé mercredi qu'elle ne laisserait plus passer 
que 3.200 migrants par jour à partir de ce vendredi. 
  
    "La discussion ne s'est pas apaisée et elle n'est pas prête 
de le faire", souligne-t-il. "Nous ne pouvons pas continuer 
comme ça." 
    Le Conseil européen, jeudi et vendredi, sera largement 
consacré aux négociations avec le Royaume-Uni pour tenter 
d'éviter un Brexit mais la crise migratoire devait figurer au 
menu d'une réunion d'avant-sommet entre 11 Etats membres et la 
Turquie, ainsi que d'un dîner de travail. 
     
    OBTENIR DES RÉSULTATS AVANT MI-MARS 
    La réunion avec la Turquie ayant été annulée en raison de 
l'attentat qui a fait 28 morts mercredi soir à Ankara, les 
Vingt-Huit n'ont plus qu'un dîner pour s'entendre sur la marche 
à suivre.   
    Selon le projet de déclaration finale du sommet consulté par 
Reuters, les dirigeants européens vont conclure que "le flux de 
migrants arrivant en Grèce à partir de la Turquie demeure bien 
trop élevé" et qu'ils attendent "une baisse substantielle et 
supportable de ce nombre". 
    Un autre diplomate européen a précisé que le flux devrait 
être fortement réduit d'ici au sommet européen sur les 
migrations programmé les 17 et 18 mars à Bruxelles. "Si l'afflux 
n'est pas endigué, il n'y a pas d'espoir", a-t-il dit. "À la 
mi-mars, nous ne pourrons plus attendre. On ne peut pas se 
contenter d'espérer que la Turquie va produire des résultats." 
    Le "plan B" suggéré par la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie 
et la République tchèque n'a pas suscité l'enthousiasme à 
Bruxelles et Berlin, où l'on souligne que la fermeture des 
frontières aurait pour conséquence d'enfermer les migrants en 
Grèce, ce qui conduirait presque inévitablement à une grave 
crise humanitaire dans un pays déjà en crise économique. 
    Devant ces réticences, les quatre pays réunis au sein du 
groupe dit de Visegrad, qui s'opposent à la redistribution des 
réfugiés au sein de l'UE, ont depuis mis un bémol à leur plan en 
le présentant comme un simple versant de la stratégie 
européenne, et non comme une alternative aux discussions avec la 
Turquie. 
 
 (Tangi Salaün pour le service français) 
 
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