Le Conseil de sécurité vote l'envoi d'observateurs en Syrie

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LE CONSEIL DE SÉCURITÉ AUTORISE L'ENVOI D'OBSERVATEURS EN SYRIE
LE CONSEIL DE SÉCURITÉ AUTORISE L'ENVOI D'OBSERVATEURS EN SYRIE

par Oliver Holmes et Michelle Nichols

NATIONS UNIES/BEYROUTH (Reuters) - Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté samedi à l'unanimité une résolution autorisant le déploiement d'une avant-garde d'observateurs non armés en Syrie chargés de veiller au respect de la trêve conclue sous l'égide de Kofi Annan.

Sur le terrain, l'opposition a accusé les forces loyales au président Bachar al Assad d'avoir tué six personnes au moins au troisième jour d'un cessez-le-feu globalement respecté.

Le vote des Quinze - qui constitue la première résolution adoptée depuis le début, en mars 2011, du soulèvement anti-Assad - a été permis par le ralliement de la Russie, alliée traditionnelle de Damas, à la nouvelle mouture d'un texte d'inspiration arabe et occidentale.

Le représentant permanent de la Russie, Vitali Tchourkine, a cependant expliqué qu'il existait pour Moscou des limites à l'action des Nations unies en Syrie.

"Par respect pour la souveraineté de la Syrie, nous avons mis en garde contre toute tentative destructrice d'ingérence étrangère ou visant à imposer de quelconques solutions illusoires", a dit le diplomate.

Dans sa résolution, le Conseil précise qu'il examinera des "mesures supplémentaires", non précisées, en cas de poursuite des violences et de non-respect de la résolution. Il condamne aussi "les violations généralisées des droits de l'homme" par Damas ainsi que toute atteinte de la part des "groupes armés".

Outre les six personnes tuées samedi, les opposants ont fait état des premiers pilonnages depuis jeudi par les forces loyalistes sur la ville de Homs (centre), bastion du mouvement de contestation du régime Assad lancé il y a 13 mois.

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), quatre personnes ont péri dans un cortège funéraire à Alep (nord), deuxième ville du pays, une cinquième est morte dans les bombardements de Homs et la sixième a succombé à ses blessures infligées à la suite de tortures à Rastan (centre), entre Damas et Alep.

"OUVREZ VOS YEUX!"

Sur une vidéo, filmée selon un militant dans la partie détruite de Homs, on aperçoit deux chars dévalant les rues avec, en bruit de fond, des fusillades nourries et des explosions sourdes.

"Ouvrez vos propres yeux et regardez ! Regardez bien ce qu'ils sont en train de faire !", hurle à la caméra un homme au moment où le char relève sa tourelle.

L'agence de presse officielle Sana rapporte de son côté que des "terroristes armés" ont tué cinq personnes lors d'embuscades samedi dans le pays et enlevé dans le Nord un candidat aux élections législatives.

Un colonel de l'armée, Mohammed Aouad, a aussi été enlevé à Hama (centre) dans sa voiture.

"Il y a eu des bombardements la nuit dernière sur la vieille ville, dans les quartiers de Djouret al Chiayah et d'Al Qarabis. J'ai personnellement entendu huit obus tomber dans l'heure qui vient de s'écouler", a témoigné Karm Abou Rabea, un opposant qui habite dans un quartier périphérique de Homs.

Un opposant, Walid al Fares, a montré à Reuters une vidéo montrant un panache d'épaisse fumée s'élevant à proximité du minaret d'une mosquée de Homs pilonnée au mortier, d'après lui, par les forces gouvernementales. On pouvait entendre le bruit des fusillades sur ce petit film.

Une source de l'opposition souhaitant conserver l'anonymat par crainte de représailles de son propre camp a affirmé que l'armée avait repris ses bombardements après une embuscade tendue vendredi soir à Homs par des insurgés à des soldats.

Samedi, Sana et des groupes d'opposition se sont rejeté la responsabilité de fusillades à Alep qui ont fait, d'après l'OSDH, trois blessés.

Dans une vidéo filmée apparemment dans le quartier de Hay al Etha, on entend des tirs et une explosion alors que les images montrent des hommes brandissant le drapeau de l'Armée syrienne libre (ASL, composée d'anciens déserteurs de l'armée) et des enfants au milieu de ce qui semble être une manifestation.

"Des groupes terroristes armés se sont répandus dans Hay al Etha, ont ouvert le feu à l'aveuglette et se sont attaqués à des biens publics et privés", affirme Sana, qui accuse aussi les insurgés d'avoir enlevé un colonel de l'armée à Hama (centre).

Des vidéos d'opposants montrent quant à elles des Syriens participant samedi à de petites manifestations dans plusieurs villes du pays.

Les autorités syriennes continuant de refuser l'entrée aux journalistes, il est impossible de vérifier toutes ces informations de source indépendante.

Avec Louis Charbonneau et Michelle Nichols aux Nations unies, Jean-Loup Fiévet pour le service français

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