Le Conseil de sécurité de l'Onu se réunit sur la Syrie

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RÉUNION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L'ONU SUR LA SYRIE
RÉUNION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L'ONU SUR LA SYRIE

par Louis Charbonneau

NATIONS UNIES (Reuters) - Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit vendredi à huis clos pour discuter du dossier syrien et un projet de résolution mis au point par des pays occidentaux et arabes, prévoyant la mise à l'écart du président Bachar al Assad, pourrait être soumis à un vote dès la semaine prochaine.

La Russie, qui a un droit de veto au Conseil, a déjà jugé ce texte "inacceptable" et a promis de ne pas soutenir une résolution qui exigerait le départ du président syrien.

Le soulèvement contre le régime du président Assad a fait plus de 5.000 morts depuis mars 2011, selon l'Onu.

"Le Conseil de sécurité de l'Onu se réunira en consultations ce vendredi à 15h New York - 21h Paris (20h00 GMT) pour discuter de la marche à suivre sur la Syrie", a annoncé la représentation diplomatique française.

Selon des sources diplomatiques, la délégation marocaine devrait soumettre lors de cette réunion le projet de résolution rédigé par les pays occidentaux et arabes.

"Ils (les Marocains) prévoient de faire circuler un projet de résolution qui représente l'opinion de la vaste majorité des pays du Conseil de sécurité", a dit un diplomate sous le sceau de l'anonymat.

Le Conseil de sécurité pourrait se prononcer dès la semaine prochaine sur ce nouveau texte, rédigé par des diplomates britanniques et français en consultation avec le Qatar, le Maroc, les Etats-Unis, l'Allemagne et le Portugal.

Ce texte vise à remplacer celui soumis par la délégation russe, jugé trop timoré par les Occidentaux.

En octobre, la Russie, de concert avec la Chine, avait opposé son veto à un projet de résolution occidental condamnant la répression exercée par le régime de Bachar al Assad contre les manifestants.

La délégation marocaine a rencontré jeudi des diplomates russes et chinois pour leur présenter le dernier texte en date, a-t-on appris de source diplomatique.

OPPOSITION RUSSE

Cette nouvelle version, dont Reuters a pu obtenir une copie, invite le Conseil à se prononcer pour une "transition politique".

Pour Moscou, ce projet ne tient pas suffisamment compte des propositions russes et ignore certains aspects du problème qui apparaissent "fondamentaux" aux yeux du Kremlin.

"Toute décision sur un règlement politique en Syrie doit être prise (...) sans condition préalable, et exiger la démission d'Assad serait une condition préalable", a dit à l'agence de presse Interfax le vice-ministre des Affaires étrangères Guennadi Gatilov.

"Nous ne pouvons pas appuyer un appel au départ d'Assad qui figurerait dans une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies", a-t-il ajouté.

"Pour nous, ce projet est inacceptable dans sa forme actuelle", avait-il auparavant déclaré à l'agence Itar-Tass.

Gatilov s'inquiète aussi du fait que le texte n'exclue pas explicitement une intervention militaire contre la Syrie, à laquelle Moscou est farouchement opposé.

Le projet prévoit que, quinze jours après son éventuelle adoption, le Conseil de sécurité examine les mesures prises par Damas pour s'y conformer. Si ces mesures sont jugées insuffisantes, le texte évoque "l'adoption de mesures supplémentaires".

"Quelles mesures ? C'est la question que nous posons", a poursuivi Guennadi Gatilov.

Sur le terrain, des combats ont repris vendredi à Homs, dans le centre de la Syrie, foyer de l'insurrection au nord de Damas. Les affrontements de la nuit ont fait sept morts à travers le pays, dont quatre à Homs, selon l'opposition.

Toujours à Homs, des miliciens fidèles au président syrien Bachar al Assad ont tué jeudi 14 membres d'une famille sunnite, dont huit enfants âgés de huit mois à neuf ans, rapportent des militants d'opposition et des habitants.

Les violences interreligieuses entre la majorité sunnite et la minorité alaouite, dont est issu le régime en place, ont commencé il y a quatre mois à Homs mais le bilan de jeudi est apparemment l'un des plus lourds jamais enregistrés.

Avec Alissa de Carbonnel à Moscou et Khaled Yacoub Oweis à Amman; Gregory Schwartz et Guy Kerivel pour le service français

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