Le Conseil de l'Europe inquiet de la montée du racisme en France

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    STRASBOURG, 1er mars (Reuters) - La Commission européenne 
contre le racisme et l'intolérance, un organe du Conseil de 
l'Europe, s'inquiète dans un rapport publié mardi de 
l'augmentation des discours et infractions racistes en France, 
ainsi que de leur sous-évaluation par les autorités. 
    Ce rapport, qui porte sur une période allant de 2010 à 
mi-2015, prend notamment en compte, les crimes et attentats 
commis par Mohammed Merah en 2012 et ceux de janvier 2015 contre 
Charlie Hebdo et une supérette juive. 
    L'organe "constate une augmentation importante du discours 
de haine et, surtout, de la violence motivée par le racisme et 
l'intolérance, ayant conduit à plusieurs attentats meurtriers, 
en particulier motivés par l'antisémitisme". 
    "Cette situation est d'autant plus inquiétante qu'il existe 
un niveau important de sous-déclaration du crime raciste et 
homo/transphobe () et que le discours politique est sujet à une 
exploitation récurrente de déclarations stigmatisant les groupes 
vulnérables", ajoute ce collège d'experts indépendants. 
    S'agissant du discours politique, les "Roms en particulier, 
sont une cible récurrente", précise le rapport en évoquant des 
propos tenus par des personnalités comme Jean-Marie Le Pen, 
ancien président du Front national, ou le Premier ministre 
socialiste Manuel Valls, quand il était ministre de l'Intérieur. 
    "J'en appelle en particulier aux responsables politiques 
pour qu'ils s'abstiennent de tenir des propos qui stigmatisent 
des groupes déjà vulnérables et attisent les tensions dans la 
société française", a commenté, dans un communiqué, le 
secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjørn Jagland. 
     
    CONTRÔLES "AU FACIÈS" 
    Pour lutter contre la sous-évaluation du phénomène raciste, 
la commission, connue sous l'acronyme Ecri, prend position pour 
le ministère de la Justice, contre celui de l'Intérieur, en 
demandant que les signalements d'infraction de cette nature 
soient reçus "sous forme de plainte et non de main courante". 
    Elle note que "le comportement des représentants des forces 
de l'ordre lors des contrôles d'identité de personnes 
appartenant à des groupes vulnérables reste une question 
préoccupante". 
    Pour lutter contre les contrôles "au faciès"» ou à 
répétition, elle recommande de tester la remise de récépissés 
aux personnes contrôlées, une promesse de François Hollande 
abandonnée en raison des réactions hostiles des policiers. 
    Les experts jugent positives l'adoption d'un nouveau code de 
déontologie de la police et de la gendarmerie ainsi que 
l'apposition d'un numéro d'identification sur les uniformes des 
représentants de forces de l'ordre. 
    Créditant les autorités de leur "détermination" à lutter 
contre le racisme et l'intolérance, au travers notamment de deux 
plans adoptés en février 2012 et avril 2015, l'Ecri adresse à la 
France deux recommandations prioritaires qui feront l'objet 
d'une évaluation d'ici deux ans. 
    L'Ecri demande que les nouveaux programmes scolaires, qui 
intègrent "l'enseignement laïc du fait religieux", jugés trop 
théoriques, soient revus et que la France prenne des mesures 
immédiates pour s'assurer qu'aucune demande légitime de 
domiciliation "présentée par des personnes appartenant à des 
groupes vulnérables tels que les Roms ne soit rejetée". 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 
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