Le Conseil de l'Europe fustige les prisons françaises

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    STRASBOURG, 8 mars (Reuters) - La France, quoiqu'en progrès, 
reste parmi les mauvais élèves de la classe européenne pour la 
surpopulation et le taux de suicide en prison, selon la dernière 
enquête sur les établissements pénitentiaires publiée mardi par 
le Conseil de l'Europe. 
    Sur onze pays connaissant une situation de surpopulation 
carcérale en 2014, elle se situait en septième moins mauvaise 
position avec 115 détenus pour cent places, la moyenne étant de 
91,7% parmi les 47 Etats membres du Conseil de l'Europe. 
    La France est toutefois en progrès par rapport à 2013, quand 
ce taux était de 117%, révèle cette étude réalisée chaque année 
par l'institut de criminologie et de droit pénal de l'université 
de Lausanne en Suisse. 
    La Hongrie arrive en tête des six pays qui font moins bien 
avec 142 détenus pour cent places, devant la Belgique (129), la 
Macédoine (123) et la Grèce (121). 
    Ces données sont à manier avec précautions, précisent les 
auteurs de l'étude, tous les pays n'ayant pas la même 
appréciation de ce que sont les capacités nominales de leurs 
établissements pénitentiaires. 
    L'analyse des taux de suicide concerne l'année 2013. Avec 
12,4 faits dénombrés pour 10.000 détenus, la France était 
également parmi les douze pays confrontés à un niveau de 
phénomène supérieur à la moyenne européenne (7,6) et plus encore 
à la médiane (5,4). 
    Mais il s'agit, là aussi, d'une évolution positive par 
rapport à 2012 (14,4 pour 10.000) et à 2011 (15,6). 
    Au niveau européen, le taux médian de la population 
pénitentiaire a baissé de 7% entre 2013 et 2014, avec 134 
détenus pour 100.000 habitants, poursuivant une décrue amorcée 
depuis 2011. 
    Il a principalement baissé dans les pays d'Europe centrale 
et orientale, ceux-là mêmes où il reste toujours plus élevé en 
raison, selon l'université de Lausanne, non d'une criminalité 
plus importante mais d'un recours plus systématique à la prison 
et plus fréquent à des peines longues. 
    "La clé, pour réduire la population pénitentiaire, 
consisterait à réduire la durée des peines", a souligné lors 
d'une conférence de presse à Strasbourg Marcelo Aebi, l'un des 
auteurs de l'étude. 
   La France, avec un taux d'incarcération de 101 détenus pour 
100.000 habitants, reste, comme la plupart des pays d'Europe de 
l'ouest, en deçà de la médiane européenne, bien qu'ayant vu ce 
taux augmenter de 30% au cours des dix dernières années. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 
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