Le Conseil de l'Europe dénonce le "discours de haine" de l'Etat turc

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    STRASBOURG, 3 octobre (Reuters) - Le Conseil de l'Europe 
dénonce, dans un rapport publié mardi, les discours de haine qui 
visent, en Turquie, les minorités, dans l'impunité et avec la 
participation de représentants de l'Etat jusqu'à son plus haut 
niveau. 
    La Commission européenne contre le racisme et l'intolérance 
(Ecri), qui est chargée d'évaluer les politiques et législations 
nationales dans ces domaines, souligne que les propos haineux 
ont atteint des sommets à l'occasion des deux campagnes 
électorales pour le renouvellement du Parlement, en 2015. 
    Elle "note avec une vive préoccupation la diffusion 
croissante du discours de haine par des responsables publics et 
d'autres personnalités publiques, y compris de hauts 
représentants de l'Etat et quelques membres de l'opposition". 
    Le rapport cite, sans le nommer, Recep Tayyip Erdogan, 
affirmant en 2014, alors qu'il était Premier ministre, qu'Israël 
avait "surpassé Hitler dans la barbarie" et devenu président, 
comparant, la même année, les séparatistes kurde du PKK et par 
ricochet les mouvements politiques qui les soutiennent, aux 
djihadistes de Daech (Etat islamique). 
    "L'expression publique de tels propos haineux accroît les 
divisions existantes et nuit à la cohésion nationale", affirme 
l'Ecri. 
    La commission souligne le fait que les propos relevant de 
l'incitation à la haine ne suscitent une réaction pénale que 
lorsqu'ils visent l'islam sunnite, la religion majoritaire. 
    "L'Ecri n'a eu connaissance d'aucune condamnation devant une 
juridiction pénale pour des discours de haine visant les Kurdes, 
les Alévis ou les communautés 'non musulmanes'", dit-elle, 
rappelant en revanche la condamnation infligée au pianiste et 
compositeur Fazil Say pour critique envers le sunnisme. 
    La commission regrette par ailleurs la fin, l'an dernier, du 
cessez-le-feu qui était observé depuis trois ans avec les 
séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). 
    Elle se dit "profondément préoccupée par le grand nombre 
d'attaques violentes contre la population kurde, dont une bonne 
partie tient à l'origine ethnique des victimes". 
    "Les graves restrictions à la liberté d'expression des 
Kurdes sont un autre obstacle à leur intégration durable", 
ajoute le rapport, alors que de nombreux médias kurdes, écrits 
et audiovisuels, ont été suspendus depuis la reprise des 
hostilités. 
    "Quoique ce rapport ait été préparé avant la tentative de 
coup d'Etat de juillet 2016, il contient des recommandations aux 
autorités turques qui restent tout à fait pertinentes 
aujourd'hui", indique dans un communiqué le président de l'Ecri, 
Christian Ahlund. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • janaliz il y a 2 mois

    Ne jamais oublier 1915...