Le Conseil d'Etat se prononcera mercredi sur l'état d'urgence

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    * La haute juridiction administrative saisie par la LDH 
    * Le juge rendra son ordonnance mercredi 
 
    PARIS, 26 janvier (Reuters) - Le Conseil d'Etat, saisi par 
la Ligue des droits de l'Homme (LDH), rendra mercredi son 
ordonnance concernant le maintien ou non de l'état d'urgence en 
vigueur en France depuis les attentats parisiens de novembre 
dernier. 
    La LDH estime que ce régime, dont l'exécutif souhaite 
obtenir la prolongation jusqu'à fin mai, était justifié dans les 
jours suivant les tueries, mais qu'il n'a plus lieu d'être plus 
de deux mois après et qu'il porte atteinte aux libertés. 
    "L'action de la Ligue des droits de l'Homme ne vise en 
aucune façon à désarmer l'Etat. (...) Il est absolument certain 
qu'il faut poursuivre de la façon la plus radicale les auteurs 
du terrorisme", a soutenu Me Patrice Spinosi, avocat de 
l'organisation, lors de l'audience qui s'est tenue mardi. 
    Dans sa requête, l'association demande au juge des référés 
du Conseil d'Etat d'ordonner la suspension de l'état d'urgence 
ou, à défaut, d'enjoindre François Hollande à y mettre fin par 
décret comme il en a le pouvoir. 
    Faute de levée totale, la LDH entend obtenir la suspension 
des mesures qu'elle juge les plus liberticides, comme le recours 
aux perquisitions administratives ou aux assignations à 
résidence sans autorisation préalable d'un juge. 
    "Le gouvernement est pris au piège de l'état d'urgence. Et 
il est contraint à le renouveler, parce qu'il a évoqué le fait 
que l'état d'urgence était une nécessité pour combattre le 
terrorisme", a dit Me Patrice Spinosi après l'audience. 
    "Il convient de revenir à l'état normal de la lutte 
antiterrorisme", a-t-il insisté. 
     
    "PEUT-ÊTRE DEMAIN MATIN" 
    Devant la haute juridiction administrative, les débats ont 
porté en particulier sur la nature du risque que de nouveaux 
attentats se produisent, jugé diffus par la LDH mais élevé par 
le gouvernement. 
    La représentante du ministère de l'Intérieur a évoqué la 
succession récente d'attaques en France et à l'étranger, la mise 
en ligne dimanche dernier d'une video du groupe Etat islamique 
formulant des menaces contre la France et la présence de 
djihadistes français en Syrie et en Irak.  
    "Ils sont organisés, entraînés et conditionnés pour revenir 
frapper sur le territoire français (...) peut-être demain 
matin", a déclaré Pascale Leglise à l'audience.            
    L'état d'urgence, prévu par une loi de 1955, a été déclaré 
dans la nuit suivant les attentats qui ont fait 130 morts à 
Paris et Saint-Denis puis prolongé une première fois pour une 
durée de trois mois à partir du 26 novembre. 
    L'exécutif a annoncé vendredi dernier son intention de le 
proroger à nouveau pour trois mois, au-delà du 26 février. 
    Le projet de loi en ce sens doit être présenté le 3 février 
en conseil des ministres puis, dit-on de source parlementaire, 
examiné en séance publique par les députés le mardi 16 février 
aprés la séance de questions au gouvernement.    
 
 (Simon Carraud, avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse) 
 
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