Le Conseil d'Etat confirme l'assignation à résidence d'un scientifique par principe de précaution

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Manifestation contre l'état d'urgence, le 27 janvier, à Lille.
Manifestation contre l'état d'urgence, le 27 janvier, à Lille.

Adlène Hicheur, condamné en 2012 pour terrorisme, avait refait sa vie au Brésil avant d’être expulsé. A l’audience, le ministère de l’intérieur a reconnu n’avoir aucun élément contre lui.

Jusqu’où peut aller le ministère de l’intérieur dans l’invocation d’un principe de précaution pour assigner une personne à résidence ? Très loin, ou en tout cas plus loin qu’il n’était jamais allé, a répondu vendredi 7 octobre le Conseil d’Etat. La question lui était posée par un scientifique franco-algérien de 39 ans, Adlène Hicheur, assigné depuis le 16 juillet.

L’homme n’est pas un inconnu pour la justice française. Il a été condamné en 2012 pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste à cinq ans de prison dont quatre ans ferme pour avoir participé à « la planification d’attentats sur le sol français ». En 2009, physicien à l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), il avait échangé des e-mails avec un cadre supposé d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).

A l’époque, le dossier avait interrogé, déjà, les limites de la justice antiterroriste préventive : l’enquête n’avait révélé aucun élément matériel sur un possible passage à l’acte, et l’accusation reposait uniquement sur trente-cinq messages.

Après avoir purgé sa peine, M. Hicheur était parti en 2013 refaire sa vie au Brésil. Nouvelle université, nouveau contrat de chercheur, il s’était remis à publier dans les revues scientifiques. Jusqu’à la mi-juillet 2016, et une brusque expulsion vers la France, du jour au lendemain, sans explication. A son arrivée en France, le physicien est assigné à résidence par le ministre de l’intérieur au domicile de ses parents à Vienne (...

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