Le Conseil d'Etat annule l'extradition d'Abliazov vers la Russie

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    PARIS, 9 décembre (Reuters) - Le Conseil d'Etat a annulé 
vendredi le décret d'extradition vers la Russie de l'oligarque 
et opposant kazakh Moukhtar Abliazov, qui avait saisi l'instance 
française l'an dernier. 
    Le décret d'extradition, signé le 17 septembre 2015 par 
Manuel Valls, lui avait été notifié en octobre de la même année 
dans sa cellule de Fleury-Mérogis (Essonne) où il est incarcéré 
depuis 2013. 
    L'Ukraine et la Russie soupçonnent Moukhtar Abliazov, 53 
ans, d'avoir détourné plus de six milliards de dollars lorsqu'il 
dirigeait la banque BTA  BTAS.KZ , dont il a été l'actionnaire 
majoritaire avant que l'Etat ne la nationalise. 
    Mais ses avocats, qui le décrivent comme "la dernière force 
d'opposition" au président Noursoultan Nazarbaïev, estiment que 
les deux pays agissent "en faux-nez du Kazakhstan". 
    Le Conseil d'Etat estime dans sa décision que ce sont bien 
des motifs politiques qui sous-tendent cette demande. 
    "Selon un principe constitutionnel, l'Etat doit refuser 
l'extradition d'un étranger lorsqu'elle est demandée dans un but 
politique", déclare-t-il dans un communiqué. 
    "En outre, la Convention européenne d'extradition prévoit 
que l'extradition n'est pas accordée lorsqu'il existe des 
raisons sérieuses de croire qu'elle est demandée aux fins de 
poursuivre un individu pour des considérations d'opinions 
politiques ou que la situation de cet individu risque d'être 
aggravée pour cette raison", ajoute-t-il. 
    "En l'espèce, le Conseil d'Etat relève que le requérant est 
un opposant au régime politique du Kazakhstan et s'est vu 
reconnaître, en raison des risques qui pèsent sur lui à ce 
titre, la qualité de réfugié politique à l'égard de ce pays par 
les autorités britanniques", peut-on lire. 
    Moukhtar Abliazov, qui a fui son pays en 2009 quand sa 
banque a été nationalisée et déclarée en faillite, nie toute 
fraude. Il s'est d'abord réfugié en Grande-Bretagne puis a fui 
en 2012 ce pays où il a été condamné à 22 mois de prison pour 
outrage à magistrat. 
    Arrêté le 31 juillet 2013 dans les Alpes-Maritimes, il est 
depuis détenu en France. Il devrait recouvrer la liberté à la 
suite de l'annulation de la procédure d'extradition. 
 
 (Sophie Louet) 
 
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