Le conflit kurde de Turquie peut être résolu dans 4 à 5 mois-Öcalan

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ISTANBUL, 30 novembre (Reuters) - Un règlement pacifique de l'insurrection kurde en Turquie pourrait être trouvé dans un délai maximal de quatre à cinq mois si le gouvernement d'Ankara fixe des garanties légales pour les droits de la minorité kurde, a déclaré le leader kurde emprisonné Abdullah Öcalan. Le siège de la ville syrienne kurde de Kobani, tout près de la frontière turque, a failli faire capoter le fragile processus de paix entre Ankara et les Kurdes de Turquie, qui accusent le pouvoir turc de ne pas être intervenu pour protéger leurs frères de Syrie. Une quarantaine de personnes ont été tuées lors des manifestations organisées par des milliers de Kurdes de Turquie en octobre pour protester contre l'inaction d'Ankara face aux djihadistes du groupe Etat islamique (EI). Abdullah Öcalan, chef du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, hors-la-loi), n'en estime pas moins qu'un accord peut se dessiner d'ici quatre à cinq mois si le pouvoir turc fait preuve de sérieux, ont déclaré des représentants du parti pro-kurde HDP qui lui ont rendu visite dans l'île-prison d'Imrali, en mer de Marmara. "Si toutes les parties conduisent le processus correctement, avec sérieux et de façon décisive, dans quatre à cinq mois maximum, une solution démocratique majeure pourra être trouvée", a dit Öcalan, tout en avertissant qu'un échec ne ferait qu'aggraver le chaos dans la région. Recep Tayyip Erdogan, qui était alors Premier ministre, a engagé le processus de paix avec Abdullah Öcalan en 2012 dans le but de mettre fin à 30 ans de conflit avec le PKK, qui a fait dans les 40.000 morts, pour l'essentiel dans le sud-est de la Turquie. Les violences en cours à Kobani ont débordé par-delà la frontière turque samedi, à en croire l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). D'après cette organisation, dont les informateurs suivent le conflit syrien sur le terrain, des heurts ont opposé des djihadistes de l'EI à des Kurdes syriens en territoire turc, juste de l'autre côté de la frontière. Un responsable turc a déclaré que des insurgés de l'EI avaient bien pourchassé un groupe de peshmergas (combattants kurdes) samedi en territoire turc, mais il a démenti qu'il y ait eu des combats en Turquie même, déclarant qu'un véhicule blindé turc avait repoussé les insurgés vers la Syrie. (Asli Kandemir et Dasha Afanasieva; Eric Faye pour le service français)

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