Le conflit en Ukraine devrait dominer la réunion du G20

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* Les USA souhaitent adresser un message à l'Ukraine et à la Russie * David Cameron évoque la possibilité de nouvelles sanctions * Atmosphère alourdie par la présence de navires de guerre russes par Matt Siegel BRISBANE, 14 novembre (Reuters) - L'enlisement de la guerre dans l'est de l'Ukraine et le bras de fer que se livrent les Occidentaux et la Russie dans ce conflit devraient dominer l'agenda du sommet du G20 qui se tient samedi et dimanche à Brisbane en Australie. La réunion des pays les plus développés et des principales économies émergentes devait principalement se concentrer sur la relance de la croissance globale, la lutte contre l'évasion fiscale et l'amélioration du système bancaire mondial. Mais, c'est bien le face à face entre le président russe Vladimir Poutine et les dirigeants occidentaux qui occupera les conversations au moment où le gouvernement de Kiev accuse Moscou d'envoyer de nouvelles troupes et du matériel pour soutenir les séparatistes dans l'est de l'Ukraine. La majeure partie de l'agenda économique ne posant aucun problème après les sommets asiatiques (Asean et Apec), et la question du climat ayant fait l'objet d'une annonce spectaculaire de la part des Etats-Unis et de la Chine, le thème de la sécurité mondiale peut revenir sur le devant de la scène. La question ukrainienne n'a été que secondaire lors du forum de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (Apec) où Barack Obama l'a brièvement évoquée avec Vladimir Poutine. Elle devrait constituer le thème majeur des entretiens que le président américain, attendu samedi à Brisbane, doit avoir avec la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique David Cameron et le président français François Hollande. Ces trois pays européens constituent un relais essentiel pour adresser un message aux gouvernements russe et ukrainien, a expliqué Ben Rhodes, conseiller adjoint de la présidence américaine pour les questions de sécurité. "Ce sera l'occasion pour lui (Obama) de vérifier cela avec eux". David Cameron a donné le ton de ce que pourraient être les échanges à Brisbane, affirmant vendredi que les initiatives de la Russie en Ukraine étaient inacceptables et brandissant la menace de nouvelles sanctions américaines et européennes. "Je continue d'espérer que les Russes vont comprendre et admettre qu'ils doivent permettre à l'Ukraine de se développer en tant que pays indépendant et libre, libre de faire ses propres choix", a déclaré Cameron devant la presse à Canberra. "Si la Russie adopte une approche positive à l'égard de la liberté et de la responsabilité de l'Ukraine, nous pourrions assister à un retrait de ces sanctions, si la Russie continue d'aggraver les choses, nous assisterons à une accentuation de ces sanctions. C'est aussi simple que cela", a expliqué le chef du gouvernement britannique. PROSPÉRITÉ ET SÉCURITÉ Moscou continue de nier les accusations de fourniture de troupes aux séparatistes pro-russes dans la région du Donbass. Les combats se multiplient dans la partie orientale de l'Ukraine et selon l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), la trêve conclue le 5 septembre à Minsk en Biélorussie est quasiment caduque. "Ce qui m'inquiète le plus est que l'intégrité territoriale de l'Ukraine est violée et que l'accord de Minsk n'est pas respecté", a commenté Angela Merkel, s'exprimant à Auckland en Nouvelle-Zélande. L'atmosphère générale entourant le sommet s'est un peu plus alourdie avec l'annonce de l'arrivée d'un convoi de navires de guerre russes dans les eaux internationales au nord de Brisbane. Le Premier ministre australien Tony Abbott a jugé que la présence de bâtiments de la marine russe à une telle latitude australe était inhabituelle mais qu'elle n'était pas sans précédent. "N'oublions pas que la Russie a affiché sa détermination militaire d'une manière bien plus ferme au cours de la période récente", a dit Abbott. "Il est regrettable de constater que la Russie affiche son assurance aussi fortement qu'elle le fait actuellement en Ukraine", a-t-il ajouté. Certains en Australie ont plaidé pour interdire la présence de Vladimir Poutine à ce sommet du G20 mais un consensus s'est établi parmi les participants pour éviter une telle mesure d'exclusion. Outre la crise ukrainienne, celle qui touche le Proche-Orient avec la lutte contre les djihadistes de l'Etat islamique en Syrie et en Irak pourrait également éclipser l'agenda économique. Tony Abbott a résumé l'état d'esprit qui précède le début de ce sommet. "La préoccupation de ce G20 sera la croissance et l'emploi. Vous ne pouvez pas avoir de prospérité sans sécurité", a-t-il dit lors d'une conférence de presse avec David Cameron. (Pierre Sérisier pour le service français) ;))

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