Le compte d'activité au coeur de la conférence sociale

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UNE QUATRIÈME CONFÉRENCE SOCIALE SANS LA CGT
UNE QUATRIÈME CONFÉRENCE SOCIALE SANS LA CGT

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Le futur compte personnel d'activité sera au coeur des discussions lundi lors de la conférence sociale, boycottée par la CGT qui dénonce les poursuites engagées contre des salariés d'Air France soupçonnés de violences.

L'accord conclu vendredi entre les syndicats réformistes et le patronat pour redresser les retraites complémentaires injectera un peu d'optimisme dans cette journée de travail à l'issue de laquelle le Premier ministre, Manuel Valls, présentera sa feuille de route sociale, à un an et demi de la fin du quinquennat.

Cet accord permet au gouvernement d'éviter de décider lui-même de mesures impopulaires et d'être une nouvelle fois accusé de libéralisme à gauche et de manque de courage par le patronat. Il prive en outre Nicolas Sarkozy d'un nouvel argument pour fustiger ce qu'il considère comme l'incapacité de François Hollande à réformer le pays.

"Cet accord constitue un cinglant démenti à ceux qui veulent mettre à mal le dialogue social, le paritarisme et la légitimité des organisations syndicales", s'est félicitée la CFDT, une allusion aux récentes critiques du président des Républicains.

Le revirement de la CGT, qui comptait jusqu'à cette semaine participer à cette quatrième conférence sociale du quinquennat, ne reflète pas une aggravation du climat social, assurent l'Elysée et le gouvernement, pas plus que les incidents de ces derniers jours, quand un syndicaliste CGT a refusé de serrer la main du chef de l'Etat ou quand le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a été hué par des membres de la CGT.

Le nombre de jours de grève reste faible dans le pays par rapport au passé et la majorité des plans sociaux s'accompagne désormais d'un accord majoritaire des syndicats, souligne-t-on.

La CGT avait déjà boycotté la conférence sociale de juillet 2014.

"On ne va pas écouter une grand-messe d'experts patronaux et participer à des tables rondes avec des ministres qui viennent se faire valoir. Il y a des sujets majeurs qui ne sont pas pris en compte" comme les salaires et le temps de travail, explique son secrétaire général, Philippe Martinez, dans Le Journal du Dimanche.

Force ouvrière, qui l'avait également boudée et n'a comme la CGT pas participé à l'accord de principe sur les retraites complémentaires, sera présente.

COMPTE D'ACTIVITÉ, NUMÉRIQUE ET COP21

"La conférence sociale doit parvenir à garder un équilibre entre les priorités, qui restent les mêmes : l'activité, l'emploi, la lutte contre le chômage, et la préparation de l'avenir", explique-t-on dans l'entourage de François Hollande.

Seront discutés le compte personnel d'activité qui entrera en vigueur début 2017, les opportunités pour l'emploi liées à la transition énergétique avant la Cop21 de décembre et les conséquences des nouvelles technologies sur l'emploi, le travail et le tissu industriel français.

Il n'y aura en revanche pas de table ronde sur le sujet sensible de la réforme du Code du travail car la concertation est déjà en cours, explique-t-on au gouvernement.

Cette réforme figurera dans le projet de loi que présentera début 2016 la ministre du Travail, Myriam El Khomry, dont le gouvernement espère l'adoption d'ici l'été prochain.

Le texte intègrera en outre des mesures sur le compte personnel d'activité, dont les contours seront fixés à partir des débats de la conférence sociale, et sur les conséquences de la "révolution numérique", précise-t-on à l'Elysée.

François Hollande a déjà annoncé que ce compte d'activité permettrait de combiner les droits du compte personnel de formation, de l'éventuel compte pénibilité et des comptes épargne-temps.

L'objectif est d'apporter plus de sécurité aux Français en renforçant notamment leur accès à la formation.

A plus long terme, ce compte peut permettre de simplifier tout le système de protection sociale, a souligné France Stratégie dans son rapport au gouvernement.

"Il faut baisser la peur de nos salariés d'être licenciés face à la peur des patrons d'embaucher", a déclaré mardi le président du Medef, Pierre Gattaz, à propos du compte d'activité.

"Je mettrai deux lignes rouges : un, il ne faut pas que ça induise des surcoûts, ni de taxes, ni de charges, ni de cotisations parce que là on irait à l'envers. Deuxièmement, il ne faut pas induire de la complexité", a-t-il ajouté.

(Avec Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet)

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