Le commerce suscite enthousiasme et doutes en Chine

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LES CHIFFRES DU COMMERCE CHINOIS SUSCITENT SCEPTICISME ET ENTHOUSIASME
LES CHIFFRES DU COMMERCE CHINOIS SUSCITENT SCEPTICISME ET ENTHOUSIASME

par Xiaoyi Shao et Koh Gui Qing

PEKIN (Reuters) - La Chine a annoncé mercredi une performance commerciale qui a confondu les attentes du marché au point de susciter un certain scepticisme mais pour autant la statistique soulage ceux qui redoutaient un net coup d'arrêt à la croissance de la deuxième puissance économique mondiale.

Les analystes, qui pensaient que le Nouvel An chinois aurait pesé sur la balance commerciale de janvier, préviennent que les chiffres ont pu être gonflés par de fausses transactions commerciales permettant à des négociants de faire entrer du cash en Chine en contournant les contrôles des capitaux.

En valeur, les importations ont augmenté de 10% en rythme annuel - la Chine ayant acheté des quantités record de minerai de fer, de pétrole brut et de cuivre - et les exportations ont progressé de 10,6%, a précisé l'administration des douanes mercredi. Le marché attendait des hausses respectives de 3% et 2%.

La hausse des importations est la plus forte depuis juillet pourtant l'excédent commercial a bien augmenté, atteignant 31,9 milliards de dollars contre 25,6 milliards en décembre et 23,7 milliards attendus.

"Cette forte croissance des exportations, nous la jugeons déroutante", dit Zhang Zhiwei, économiste de Nomura. "On ne sait pas bien dans quelle mesure cette statistique des exportations reflète bien la vigueur réelle de l'économie".

Les statistiques en demi-teinte publiées par la Chine ces dernières semaines avaient rendu les investisseurs pessimistes pour la balance commerciale. La crainte que la Chine ne subisse un ralentissement de croissance bien plus marqué que prévu semble avoir alimenté les violents dégagements qu'ont subi les marchés financiers en janvier et en particulier les marchés émergents.

Dans la mesure où le Nouvel An chinois tombe soit en janvier soit en février selon les années, produisant ainsi un effet de distorsion en début d'exercice, il faudra peut-être attendre des mois avant que les investisseurs ne disposent de statistiques de tendance plus fiables.

Pour autant, les investisseurs asiatiques se sont contentés du bon aspect apparent de cet indicateur, ce qui s'est vu sur les places boursières, lesquelles ont également tiré parti des déclarations faites la veille par la président de la Réserve fédérale Janet Yellen.

COMPRENDRE L'EFFET NOUVEL AN

Les économistes pensent que la croissance de la Chine sera cette année la plus faible en 14 ans, en ressortant au taux de 7,4%. Malgré cela, elle reste susceptible de représenter une demande de plus du double de celle émanant des Etats-Unis, selon HSBC.

"L'amélioration de la situation des économies développées continuera sans doute de soutenir les exportations chinoises", dit Julian Evans-Pritchard, économiste de Capital Markets à Singapour.

Cela dit, beaucoup d'économistes sont bien en peine d'expliquer les étonnants chiffres commerciaux de janvier, d'autant que des pays tels que Taïwan et la Corée du Sud ont subi une nette baisse de leurs exportations en janvier, avec la réduction du nombre de jours ouvrés due au Nouvel An chinois.

Quatre indices des directeurs d'achats ont par ailleurs monté que les secteurs secondaire et tertiaire chinois ont subi des reculs sans précédent depuis plusieurs mois voire même années.

Même l'argument voulant que la statistique de janvier ait été dopée par des transactions commerciales fictives n'est pas étayé par les données. Les exportations de la Chine continentale vers Hong Kong, plaque tournante des transactions fictives depuis un an et demi, ont chuté de 18% en janvier après une hausse de 2,3% en décembre.

Les analystes sont également stupéfaits des achats sans précédent de matières premières par la Chine en janvier, dans la mesure où la demande n'a montré aucun signe convaincant d'accélération.

De fait, les stocks de minerai de fer de la Chine n'ont jamais été aussi élevés depuis près d'un an et demi, donnant du poids à l'argument voulant que le bond des importations s'explique par une accumulation des stocks avant les congés du Nouvel An lunaire.

Même si les statistiques économiques de la Chine sont en théorie corrigées des variations saisonnières pour lisser les variations dues à des événements comme le Nouvel An, la plupart des experts ne se retrouvent pas sur la question de la meilleure méthode de calcul des corrections saisonnières et procèdent chacun dans leur coin.

"Chaque fois que nous pensons comprendre ce qu'est l'effet du Nouvel An chinois, nous entendons ensuite qu'il y a eu des ajustements", observe Louis Kujis, économiste de RBS. "On peut dire néanmoins que cela ne doit pas rendre plus nerveux vis-à-vis de la demande mondiale et de l'économie chinoise mais je pense aussi qu'il faut continuer à étudier les données de près et à s'interroger sur leur signification réelle".

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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  • guyguy16 le mercredi 12 fév 2014 à 12:21

    Aucun occidental ne comprendra jamais un oriental.On se fait e....à tous les coups.

  • NORDGHAZ le mercredi 12 fév 2014 à 11:33

    ils achtent plus cher pour faire sortir du fric de leur pays ( fric qui les attend patiemment pour etre depense)