Le commerce peine à revenir à la normale après les attentats

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DIFFICILE RETOUR À LA NORMALE DU COMMERCE À L'APPROCHE DE NOËL
DIFFICILE RETOUR À LA NORMALE DU COMMERCE À L'APPROCHE DE NOËL

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Dix jours après les attentats de Paris, la fréquentation reste en recul dans les grands magasins et les centres commerciaux français à l'approche de la période cruciale de Noël.

Confrontés à l'effondrement de leur trafic dans la semaine qui a suivi les attaques, les grands magasins parisiens peinent à revenir à la normale même si la baisse de la fréquentation est plus limitée.

Au Printemps Haussmann, qui réalise 20% de ses ventes pendant la période des fêtes de fin d'année, la fréquentation était en baisse de 15% samedi, après une chute de 30% dans la semaine qui a suivi les attaques.

"Le trafic revient doucement, c'est assez encourageant", a déclaré une porte-parole du groupe de grands magasins, jugeant cependant "très difficile" de faire des prévisions pour la période de Noël.

Aux Galeries Lafayette voisines, la fréquentation s'est stabilisée samedi tandis qu'au Bon Marché, propriété du groupe LVMH, les affaires étaient "très calmes", aux dires d'une vendeuse.

Pour Claude Boule, président de l'Union du grand commerce de centre-ville (UCV) qui regroupe les enseignes de grands magasins, "il y a eu du mieux mais les commerces n'ont pas retrouvé leur activité d'un samedi habituel à cette période de l'année".

Dans les centres commerciaux, le trafic était en baisse de 8,6% samedi, après une chute de 17% le samedi précédent.

"Les choses semblent s'améliorer lentement. Nous étions en baisse de 10% pendant la semaine", a précisé Jean-Michel Silberstein, délégué général du Conseil national des centres commerciaux, qui dit tabler sur un possible retour à la normale dans une dizaine de jours, "sauf nouvel événement dramatique".

UN MAUVAIS DIMANCHE

Par ailleurs, de l'avis général, la clientèle n'était pas au rendez-vous dimanche, alors que les grands magasins parisiens étaient ouverts en application de la nouvelle réglementation qui a porté de cinq à neuf le nombre d'ouvertures dominicales autorisées en 2015.

"Dimanche n'a pas été bon", a reconnu la porte-parole des Galeries Lafayette, tandis que Claude Boule a évoqué un dimanche "assez plat" malgré les premières promotions ou "ventes privées" proposées comme l'an dernier aux porteurs de cartes de fidélité pour doper les ventes avant Noël.

Les professionnels du secteur espèrent un retour à la normale à partir du deuxième week-end de décembre, période pendant laquelle se concentrent les achats de Noël depuis quelques années, sans toutefois oser faire des prévisions.

Dans la grande distribution, les enseignes misent maintenant sur le "black friday", cette pratique importée des Etats-Unis depuis l'an dernier consistant à proposer des rabais massifs au lendemain de la fête de Thanksgiving (jeudi 26 novembre) et pendant tout le week-end qui suit.

De l'avis général, les ventes sur internet devraient tirer leur épingle du jeu, profitant aux "pure players" du secteur, comme Amazon ou CDiscount, filiale de Casino, comme aux enseignes qui, comme la Fnac, ont fortement misé sur le développement de leurs ventes multicanal.

Les professionnels du commerce se sont retrouvés à Bercy lundi soir pour une deuxième réunion de la cellule dite de "continuité économique", dispositif activé en France en cas de crise majeure.

(Edité par Marc Angrand)

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