Le climat des affaires plonge en Allemagne

le
0
Le climat des affaires plonge en Allemagne
Le climat des affaires plonge en Allemagne

BERLIN (Reuters) - Le climat des affaires en Allemagne s'est nettement refroidi au mois de mai, signe que les derniers rebondissements de la crise de la dette en zone euro pourraient affecter l'économie du pays, jusqu'alors plutôt solide face aux difficultés de ses voisins.

L'institut Ifo basé à Munich a annoncé jeudi que l'indice du climat des affaires, calculé sur la base d'une enquête mensuelle auprès de 7.000 sociétés, était tombé à 106,9 en mai, à comparer avec 109,9 en avril et un consensus Reuters de 109,4.

L'annonce de cette chute, la plus forte de l'indice Ifo depuis le mois d'août dernier, a entraîné l'euro à un nouveau plus bas de près de deux ans face au billet vert, non loin de 1,25 dollar.

"Les milieux d'affaires se sont éveillés à la réalité : des îlots de bonheur peuvent exister, des îlots économiques au sein de la zone euro beaucoup plus difficilement", commente Carsten Brzeski, économiste chez ING à Bruxelles.

Berlin a publié des indicateurs de croissance étonnamment vigoureux au premier trimestre et tout au long de la crise de l'euro - à l'exception d'un creux au quatrième trimestre 2011 - écartant ainsi les craintes d'une récession du pays.

Mais depuis quelques temps, les indicateurs de confiance signalent des nuages à l'horizon, alors que la crise européenne des dettes souveraines s'aggrave et que le risque d'une sortie de la Grèce de la zone euro est désormais ouvertement évoqué.

"La chute a été une surprise, même pour nous" a dit à Reuters Klaus Wohlrabe, économiste de l'Ifo. "Les incertitudes liées à la crise de l'euro sont considérables."

Le sous-indice Ifo des conditions actuelles a également reculé, à 113,3 contre 117,5 en avril et un consensus de 117,4.

De surcroît, les sociétés se déclarent plus pessimistes sur l'avenir, avec un sous-indice des anticipations à 100,9 contre 102,7 en avril et un consensus Reuters de 102,0.

L'indice principal de l'Ifo est ressorti plus bas encore que les estimations les plus pessimistes des 41 économistes interrogés par Reuters. Celles-ci allaient de 108,8 to 110,2.

Dans la matinée, on apprenait aussi que l'activité du secteur manufacturier allemand avait enregistré en mai sa plus forte contraction en trois ans, contribuant à relancer les inquiétudes sur un ralentissement du pays.

Annika Breidthardt et Berlin Newsroom, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Natalie Huet

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant